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Ai-je le SOPK ? Le test fondé sur les critères de Rotterdam

Le SOPK se diagnostique sur deux critères parmi trois : des troubles de l'ovulation, un excès d'androgènes clinique ou biologique, et un aspect polykystique des ovaires à l'échographie ou une AMH élevée, après exclusion d'autres causes. Ce test reprend ces critères question par question et dit combien d'entre eux vos réponses rapportent. Il ne pose pas de diagnostic : seul un médecin le fait, avec un examen, un bilan hormonal et, si besoin, une échographie.

Mis à jour le 15 octobre 2026

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Avez-vous le SOPK ?

8 questions, deux minutes. Résultat immédiat, sans inscription ni enregistrement de vos réponses.

Répondez d'après ce que vous constatez et ce que vos comptes rendus indiquent : le test dit combien des trois critères de Rotterdam vos réponses rapportent. Il ne pose pas de diagnostic, seul un médecin le fait, avec un examen et un bilan.

Le résultat ne vaut que ce que valent vos réponses : un doute sur la pilosité se lève avec le score zone par zone, un doute sur un compte rendu se lève avec votre médecin.

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Les trois critères, et pourquoi deux suffisent

Depuis le consensus de Rotterdam en 2003, confirmé par la recommandation internationale de 2018 puis de 2023, le SOPK se définit par la présence de deux critères parmi trois. Le premier est un trouble de l'ovulation, qui se traduit le plus souvent par des cycles irréguliers : plus de 35 jours, moins de 21, moins de huit par an, ou une absence de règles de plus de trois mois. Le deuxième est un excès d'androgènes, qu'il soit visible, par un hirsutisme, une alopécie de type féminin ou une acné persistante, ou mesuré sur une prise de sang. Le troisième est l'aspect des ovaires : au moins 20 follicules par ovaire ou un volume de 10 mL ou plus à l'échographie, ou, depuis 2023, un dosage d'AMH élevé chez l'adulte.

Deux critères sur trois suffisent parce que le syndrome n'a pas une forme unique. Une femme peut avoir des cycles irréguliers et un hirsutisme sans anomalie échographique, une autre un excès d'androgènes et des ovaires polykystiques avec des cycles réguliers. Ces combinaisons définissent quatre phénotypes, dont la fréquence et les conséquences métaboliques diffèrent. C'est aussi pour cela que l'échographie n'est pas toujours nécessaire : si les deux premiers critères sont réunis, elle n'ajoute rien au diagnostic.

La quatrième condition est aussi importante que les trois critères : d'autres causes donnant les mêmes signes doivent avoir été écartées. Un trouble thyroïdien, une prolactine élevée ou une hyperplasie congénitale des surrénales à révélation tardive imitent le SOPK, et seul un bilan les distingue. C'est pourquoi le résultat de ce test parle de critères rapportés, jamais de diagnostic.

Comment ce test lit vos réponses

Chaque question correspond à un élément que la recommandation internationale utilise pour évaluer un critère. Le test ne calcule pas de score global : il attribue à chaque critère un statut, rapporté, possible, non rapporté ou à explorer, et chaque phrase du résultat découle d'une réponse précise. Si vous indiquez des cycles de plus de 35 jours, le test dit que cela correspond à la définition des cycles irréguliers ; si vous indiquez une prise de sang faite sous pilule, il dit qu'elle n'est pas interprétable, et pourquoi.

Le statut « possible » existe pour les signes qui évoquent un critère sans suffire à le dire. Quelques poils épais sur le menton peuvent être un hirsutisme léger comme une variation normale ; une acné adulte est compatible avec un excès d'androgènes mais bien moins spécifique que l'hirsutisme. Dans ces cas, le test ne tranche pas : il dit que l'examen clinique tranchera.

Le statut « à explorer » couvre ce qui n'a pas été mesuré, ou pas dans des conditions lisibles. Il est fréquent : beaucoup de femmes arrivent ici sans échographie ni dosage d'androgènes. Le test ne les compte ni pour ni contre, et liste les examens qui renseigneraient le critère, dans l'ordre où un médecin les prescrirait.

Dans les huit premières années de règles

Les critères ne se lisent pas de la même façon chez une adolescente. Les cycles sont physiologiquement irréguliers dans les premières années, et les ovaires sont naturellement riches en follicules : l'échographie et l'AMH ne sont pas utilisées pour le diagnostic avant huit ans de règles. La recommandation exige alors les deux autres critères, cycles irréguliers et excès d'androgènes, tous les deux. Et les repères changent : dans les trois premières années, seuls des cycles de plus de 45 jours comptent comme irréguliers.

Quand le tableau est incomplet à cet âge, la recommandation prévoit de ne pas conclure, de parler de « risque de SOPK », de traiter les symptômes qui gênent et de réévaluer plus tard, à l'âge adulte ou huit ans après les premières règles. Ce test applique cette règle : si vous indiquez avoir vos règles depuis moins de huit ans, il compte sur deux critères et le dit.

Ce qui fausse les réponses

La contraception hormonale est la première source de confusion. Sous pilule, les saignements sont réglés par les comprimés et ne renseignent pas sur l'ovulation ; les œstrogènes augmentent la SHBG et abaissent l'index des androgènes libres, de sorte qu'un bilan normal sous pilule ne dit rien. La recommandation préconise d'attendre au moins trois mois après l'arrêt avant de doser les androgènes. Le test demande donc vos cycles d'avant la contraception, et signale un bilan fait sous pilule comme non interprétable.

L'épilation masque l'hirsutisme, et c'est un problème réel : une femme qui s'épile depuis des années peut ne plus savoir à quoi ressemble sa pilosité naturelle. La recommandation en tient compte et demande aux cliniciens d'interroger sur l'épilation. Si vous avez un doute, le score de Ferriman-Gallwey, zone par zone, est plus fiable qu'une impression d'ensemble, et il a sa propre page.

Enfin, un compte rendu d'échographie qui parle d'ovaires « multifolliculaires » n'est pas forcément un critère rempli. Les seuils actuels, 20 follicules par ovaire ou un volume de 10 mL, supposent une sonde endovaginale de bonne résolution ; une échographie abdominale compte moins de follicules qu'il n'y en a. Dans le doute, le test vous invite à relire le compte rendu avec votre médecin.

Après le test

Si vos réponses rapportent deux critères, la suite est une consultation, avec ce test comme point de départ. Le médecin confirmera chaque critère, prescrira le bilan d'exclusion et, si le diagnostic est retenu, un dépistage métabolique dès le départ : glycémie ou hyperglycémie provoquée, bilan lipidique, tension. Un diagnostic de SOPK n'est pas une étiquette définitive sur vos ovaires ; c'est le nom d'un mécanisme hormonal et métabolique sur lequel plusieurs leviers agissent, dont l'alimentation.

Si vos réponses n'en rapportent qu'un, ou aucun, elles n'en restent pas moins utiles : un hirsutisme sans trouble du cycle, des cycles irréguliers sans excès d'androgènes méritent une explication, qui n'est pas forcément le SOPK. Et si tout est à explorer, le test vous aura au moins dit quoi demander.

Quand consulter

  • Deux critères rapportés par ce test, pour les faire confirmer et compléter le bilan.
  • Une absence de règles de plus de trois mois hors grossesse, quel que soit le reste : plusieurs causes sont à écarter rapidement.
  • Une pilosité, une perte de cheveux ou une acné apparues ou aggravées en quelques mois, une voix qui change : ce n'est pas le profil habituel du SOPK et cela justifie une consultation sans attendre.
  • Un projet de grossesse avec des cycles irréguliers, pour ne pas perdre de temps sur l'ovulation.
  • Un retentissement sur votre moral ou votre image, qui est une raison médicale valable à part entière.

Questions fréquentes

Ce test peut-il me dire si j’ai le SOPK ?

Non, et aucun test en ligne ne le peut. Deux des trois critères s'évaluent en consultation, par l'examen clinique, le bilan hormonal et l'échographie, et le diagnostic suppose d'avoir écarté d'autres causes. Ce que le test fait, c'est traduire vos réponses dans les critères utilisés par les médecins, dire combien d'entre eux vous rapportez, et ce qu'il manque pour conclure.

Je n’ai ni échographie ni prise de sang, le test sert-il à quelque chose ?

Oui. Les cycles et la pilosité, que vous pouvez décrire vous-même, sont déjà deux des trois critères. Si vos réponses les rapportent tous les deux, l'échographie n'est même pas nécessaire au diagnostic ; s'il n'y en a qu'un, le test vous dit quel examen départage.

Mes cycles sont réguliers, puis-je avoir un SOPK ?

Oui. Le SOPK avec cycles réguliers existe : c'est le phénotype qui associe un excès d'androgènes et des ovaires polykystiques. Il est moins fréquent et, en moyenne, associé à moins de troubles métaboliques. La recommandation note aussi que des cycles réguliers n'excluent pas une absence d'ovulation, qu'un dosage de progestérone peut vérifier.

J’ai des ovaires polykystiques à l’échographie, est-ce un SOPK ?

Pas à lui seul. Des ovaires polykystiques sans trouble du cycle ni excès d'androgènes ne sont pas un syndrome : on les trouve chez une part importante des femmes sans aucun symptôme, surtout jeunes. Il faut un deuxième critère.

Je prends la pilule, mes réponses comptent-elles ?

Vos cycles d'avant la pilule comptent ; ceux sous pilule, non, puisqu'ils sont réglés par les comprimés. Un bilan d'androgènes fait sous pilule n'est pas interprétable non plus. La pilosité et l'alopécie, elles, restent lisibles, même si la pilule les atténue avec le temps.

Pourquoi le test parle-t-il d’AMH ?

Depuis la recommandation de 2023, un dosage d'AMH élevé peut remplacer l'échographie pour le critère ovarien chez l'adulte, à condition que le laboratoire ait établi son propre seuil. L'AMH ne sert ni aux adolescentes ni seule : elle remplace un critère, pas le diagnostic.

Combien de femmes sont concernées ?

D'après la méta-analyse de référence, 6 % des femmes en âge de procréer avec les critères les plus stricts, et 10 % (entre 8 et 13 % selon les études) avec ceux de Rotterdam. Beaucoup ne sont pas diagnostiquées : c'est l'une des raisons d'être de ce test.

Sources scientifiques

  1. 1.Rotterdam ESHRE/ASRM-Sponsored PCOS Consensus Workshop Group. Revised 2003 consensus on diagnostic criteria and long-term health risks related to polycystic ovary syndrome (PCOS). Hum Reprod. 2004;19(1):41-47. PMID 14688154
  2. 2.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
  3. 3.Teede HJ, Misso ML, Costello MF, et al. Recommendations from the international evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome. Hum Reprod. 2018;33(9):1602-1618. PMID 30052961
  4. 4.Lizneva D, Suturina L, Walker W, Brakta S, Gavrilova-Jordan L, Azziz R. Criteria, prevalence, and phenotypes of polycystic ovary syndrome. Fertil Steril. 2016;106(1):6-15. PMID 27233760
  5. 5.Bozdag G, Mumusoglu S, Zengin D, Karabulut E, Yildiz BO. The prevalence and phenotypic features of polycystic ovary syndrome: a systematic review and meta-analysis. Hum Reprod. 2016;31(12):2841-2855. PMID 27664216
  6. 6.Dewailly D, Lujan ME, Carmina E, et al. Definition and significance of polycystic ovarian morphology: a task force report from the Androgen Excess and Polycystic Ovary Syndrome Society. Hum Reprod Update. 2014;20(3):334-352. PMID 24345633

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