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Score de Ferriman-Gallwey : mesurer sa pilosité

Le score de Ferriman-Gallwey modifié mesure l'hirsutisme en notant neuf zones du corps de 0 à 4, pour un total de 0 à 36. Un score de 8 ou plus est le seuil le plus utilisé en Europe ; la recommandation internationale sur le SOPK situe l'hirsutisme dès 4 à 6 selon l'origine. C'est l'échelle que les médecins utilisent pour objectiver le signe clinique d'excès d'androgènes, l'un des trois critères du SOPK.

Mis à jour le 15 octobre 2026

Outil sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Quel est votre score de pilosité ?

9 zones à noter de 0 à 4, une minute. Score immédiat, sans inscription ni enregistrement de vos notes.

Pour chaque zone, choisissez la description la plus proche de votre pilosité naturelle, avant épilation. Les jambes et les avant-bras ne comptent pas. Le score mesure un signe clinique ; il ne dit pas d'où il vient, c'est le rôle du bilan.

Ce que mesure le score

L'hirsutisme est la présence de poils terminaux, épais et pigmentés, sur les zones où la pilosité féminine est normalement fine et où la pilosité masculine est dense. Le score de Ferriman-Gallwey en fait une mesure : neuf zones, la lèvre supérieure, le menton, la poitrine, le haut et le bas du dos, le haut et le bas du ventre, les bras et les cuisses, notées chacune de 0, aucun poil terminal, à 4, pilosité de type masculin franche. Le total va de 0 à 36.

L'échelle date de 1961. Ferriman et Gallwey avaient décrit onze zones ; Hatch et ses collègues en ont retiré deux en 1981, l'avant-bras et la jambe, parce que leur pilosité dépend peu des androgènes et brouillait la mesure. C'est cette version à neuf zones, dite modifiée, que la recommandation internationale sur le SOPK retient, et que cet outil reproduit.

Le score mesure une distribution, pas une quantité. Une pilosité abondante sur les jambes ou les avant-bras ne compte pas, parce qu'elle n'est pas androgéno-dépendante ; quelques poils épais sur le menton comptent, parce qu'ils le sont. C'est cette distinction qui en fait un signe clinique d'excès d'androgènes, et non une question d'esthétique.

Le seuil de 8, et ce qui le nuance

Le seuil de 8 ou plus vient des travaux d'origine et reste, en Europe, celui que la plupart des médecins et des publications utilisent. Au-dessus, on parle d'hirsutisme, qualifié de léger entre 8 et 15, modéré entre 16 et 25, sévère au-delà. Cette classification est utile pour suivre l'évolution sous traitement, moins pour fixer une frontière : un score de 7 et un score de 8 décrivent la même femme à un poil près.

Les études de population ont montré que ce seuil est haut. Chez des femmes non sélectionnées aux États-Unis, la majorité des scores se situent entre 0 et 2, et un score de 3 place déjà dans le quart supérieur. Chez les femmes du sud de la Chine, une étude de référence fixe le seuil à 5, et l'hirsutisme est globalement moins fréquent en Asie de l'Est. C'est pourquoi la recommandation internationale de 2018, reprise en 2023, situe l'hirsutisme dès un score de 4 à 6 selon l'origine.

Cet outil distingue donc une zone grise entre 4 et 7, plutôt que de la ranger dans la norme. Un score dans cette zone ne dit pas qu'il y a un excès d'androgènes ; il dit que la question se pose, et qu'un examen clinique la tranche, surtout si d'autres signes existent.

Le score dans le diagnostic du SOPK

L'hirsutisme est le signe clinique d'excès d'androgènes le plus fiable, devant l'alopécie de type féminin et l'acné. Il suffit à lui seul à remplir le deuxième critère de Rotterdam, sans dosage sanguin. Dans les études de population, il touche environ 10 % des femmes, et une large majorité des femmes avec un SOPK, chez qui il est souvent le symptôme qui pèse le plus.

Le score sert aussi à l'autre bout : une femme avec un score de 20 et des cycles irréguliers a deux critères, et l'échographie ne lui est pas nécessaire. Et il sert au suivi : les traitements de l'hirsutisme s'évaluent sur la baisse du score, en général après six mois au moins, le temps que les follicules pileux répondent.

Il a ses limites. La notation visuelle varie d'un observateur à l'autre, l'épilation la fausse, et les femmes qui s'épilent depuis des années n'ont souvent plus de point de repère. La recommandation demande aux cliniciens de tenir compte de l'épilation et de l'avis de la femme sur sa propre pilosité, considéré comme pertinent. Un score auto-évalué, comme ici, est un point de départ pour la consultation, pas une mesure médicale.

Un score élevé n'est pas toujours un SOPK

Le SOPK est la cause la plus fréquente de l'hirsutisme, de loin, mais pas la seule. L'hyperplasie congénitale des surrénales à révélation tardive donne le même tableau et se dépiste par la 17-hydroxyprogestérone. Certains médicaments, et plus rarement une tumeur sécrétant des androgènes ou un syndrome de Cushing, sont à écarter, surtout si la pilosité est apparue vite ou s'accompagne d'une voix qui change. Il existe aussi un hirsutisme sans aucun excès d'androgènes mesurable, dit idiopathique, où le follicule pileux est simplement plus sensible.

C'est ce qui sépare le score du diagnostic. Le score dit qu'il y a un excès d'androgènes, ou qu'il est probable. Le bilan dit d'où il vient. Et les deux sont nécessaires, parce que la prise en charge diffère.

Quand consulter

  • Un score de 8 ou plus, pour en chercher la cause avec un bilan hormonal et, si vous le souhaitez, discuter des traitements.
  • Un score entre 4 et 7 accompagné d'autres signes : cycles irréguliers, acné persistante, cheveux qui se raréfient.
  • Une pilosité apparue ou aggravée en quelques mois, quel que soit le score, surtout après 30 ans ou avec une voix qui change : ce n'est pas le profil habituel du SOPK.
  • Une gêne qui pèse sur votre moral ou votre vie sociale, quel que soit le score : c'est une raison médicale à part entière, et des traitements existent.

Questions fréquentes

Dois-je m’épiler avant de noter les zones ?

Non, au contraire : le score décrit la pilosité naturelle. Si vous vous épilez, notez d'après ce que vous voyez repousser et d'après vos souvenirs d'avant l'épilation, et dites-le à votre médecin. La recommandation lui demande d'en tenir compte.

Les jambes et les avant-bras ne comptent pas, pourquoi ?

Parce que leur pilosité dépend peu des androgènes et beaucoup de l'origine ethnique. Les inclure gonflerait le score de femmes sans aucun excès d'androgènes. C'est précisément pour cela qu'elles ont été retirées de l'échelle en 1981.

Mon score est à 6, est-ce un hirsutisme ?

C'est la zone grise. Sous le seuil de 8 le plus utilisé, mais dans la fourchette où la recommandation internationale situe déjà l'hirsutisme selon l'origine. Un examen clinique, qui tient compte de votre origine, de l'épilation et de vos autres signes, tranche.

Mon score est élevé mais ma testostérone est normale, est-ce cohérent ?

Oui, et c'est fréquent. Le follicule pileux répond à la testostérone libre et à sa forme active locale, pas à la testostérone totale. Une SHBG basse augmente la fraction libre sans toucher au total, et le follicule peut aussi être plus sensible à un taux normal. L'index des androgènes libres est plus parlant que la testostérone totale dans ce cas.

Le score peut-il baisser avec un traitement ou l’alimentation ?

Oui, mais lentement. Les traitements de l'hirsutisme s'évaluent après six mois au moins, parce qu'un poil terminal met des mois à redevenir du duvet, quand il y revient. L'alimentation agit sur la cause, par l'insuline et la SHBG, avec le même délai. Les traitements locaux agissent sur le poil déjà formé, sans toucher à la cause : les deux approches se complètent.

Sources scientifiques

  1. 1.Ferriman D, Gallwey JD. Clinical assessment of body hair growth in women. J Clin Endocrinol Metab. 1961;21:1440-1447. PMID 13892577
  2. 2.Hatch R, Rosenfield RL, Kim MH, Tredway D. Hirsutism: implications, etiology, and management. Am J Obstet Gynecol. 1981;140(7):815-830. PMID 7258262
  3. 3.Yildiz BO, Bolour S, Woods K, Moore A, Azziz R. Visually scoring hirsutism. Hum Reprod Update. 2010;16(1):51-64. PMID 19567450
  4. 4.Escobar-Morreale HF, Carmina E, Dewailly D, et al. Epidemiology, diagnosis and management of hirsutism: a consensus statement by the Androgen Excess and Polycystic Ovary Syndrome Society. Hum Reprod Update. 2012;18(2):146-170. PMID 22064667
  5. 5.DeUgarte CM, Woods KS, Bartolucci AA, Azziz R. Degree of facial and body terminal hair growth in unselected black and white women: toward a populational definition of hirsutism. J Clin Endocrinol Metab. 2006;91(4):1345-1350. PMID 16449347
  6. 6.Zhao X, Ni R, Li L, et al. Defining hirsutism in Chinese women: a cross-sectional study. Fertil Steril. 2011;96(3):792-796. PMID 21762890
  7. 7.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314

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