Repères
Après l'arrêt de la pilule : quand reviennent les règles ?
Où en êtes-vous depuis l'arrêt ?
La contraception arrêtée, sa date, vos cycles d'avant et, s'il y en a eu, vos saignements depuis. Lecture immédiate, sans inscription ni enregistrement de vos dates.
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Une absence de règles de plus de 3 mois justifie un bilan chez une femme qui avait des cycles réguliers, de plus de 6 mois si ses cycles étaient irréguliers, selon l'avis de 2024 de la société américaine de médecine de la reproduction, et le premier examen est un test de grossesse. Cet avis ne parle pas de contraception : la page compte ce temps à partir de l'arrêt, avec vos cycles d'avant la contraception. Parmi les contraceptions réversibles, l'OMS ne fait exception que pour les injections de progestatif, après lesquelles le retour de l'ovulation peut prendre jusqu'à un an. Cette page situe le temps écoulé face à ces repères ; elle ne prédit aucune date de règles ni d'ovulation.
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À partir de quand ce n'est plus l'effet de la pilule
Sous contraception hormonale, l'ovulation peut ne pas suivre son cycle habituel, et sous pilule, les saignements sont des saignements de privation. Le temps sans règles se compte donc à partir de l'arrêt de la pilule, de l'anneau ou du patch, ou du retrait de l'implant ou du stérilet. Après une injection, la page le compte à partir de la fin de son action : 12 semaines après l'injection, selon le résumé des caractéristiques du produit.
L'avis de 2024 de la société américaine de médecine de la reproduction (ASRM) sur l'aménorrhée fixe le moment du bilan : une absence de règles de plus de 3 mois chez une femme qui avait des cycles réguliers, de 6 mois chez celle dont les cycles étaient irréguliers. Cet avis ne parle pas de contraception : la page prend vos cycles d'avant la contraception, et le plus court des deux repères quand vous ne savez pas comment ils étaient. La FIGO, la fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique, rappelle de son côté la définition habituelle de l'aménorrhée secondaire : 6 mois de suite sans règles, après au moins un saignement spontané.
Avant ce repère, une grossesse reste la première cause à écarter : chez une femme aux cycles réguliers, l'ASRM note qu'un retard d'une semaine peut suffire à faire un test. Un test urinaire peut être faussement négatif, et un dosage sanguin est parfois préférable.
Ce que change la méthode arrêtée
Une revue financée par l'OMS et publiée en 2025 rapporte sa position : toutes les méthodes de contraception autres que la stérilisation sont réversibles, en général avec un retour rapide de la fertilité à l'arrêt, sauf les injections de progestatif. Pour l'acétate de médroxyprogestérone, l'OMS demande d'annoncer que le retour de l'ovulation peut prendre jusqu'à un an après la dernière injection. Dans l'étude que cette revue retient pour la forme intramusculaire, 19 femmes ont reçu une seule injection : l'ovulation est revenue en médiane 183 jours après, au plus tôt à 70 jours, et 18 des 19 avaient ovulé un an après.
En France, le résumé des caractéristiques de Depo Provera, publié par l'ANSM, indique qu'une injection couvre 12 semaines, et que le retour de la fertilité peut être différé de trois à douze mois après la fin théorique de l'activité du produit.
Après la pilule, les premiers cycles sont en moyenne un peu plus longs et plus variables. Une étude a comparé 70 femmes qui venaient de l'arrêter à 70 femmes qui ne l'avaient pas prise depuis un an au moins : sur les six premiers cycles suivis, ceux des premières duraient 3,5 jours de plus en moyenne, avec une ovulation plus tardive.
Pour l'anneau, le patch, l'implant et le stérilet hormonal, aucune des sources lues ne donne de délai propre. La page ne leur en invente pas : elle applique le repère de l'ASRM, compté depuis l'arrêt ou le retrait.
Pourquoi l'arrêt de la pilule fait parfois découvrir un SOPK
La pilule œstroprogestative est le premier traitement médicamenteux que la recommandation internationale de 2023 propose contre les cycles irréguliers et l'excès d'androgènes du SOPK. Tant qu'elle est prise, des saignements réguliers ne disent rien de l'ovulation. Les auteurs de l'étude sur les cycles d'après la pilule le notent : une femme qui la prenait pour régulariser des cycles irréguliers peut les retrouver à l'arrêt.
Une absence de règles après l'arrêt se cherche comme les autres : l'avis de l'ASRM ne prévoit pas d'attente propre à l'arrêt d'une contraception, et range les progestatifs, les œstrogènes et les autres hormones stéroïdes parmi les médicaments qui peuvent expliquer une absence de règles.
L'ASRM range le SOPK parmi les six causes qui expliquent la plupart des absences de règles, avec une prolactine élevée, un trouble de la thyroïde, un hypogonadisme d'origine centrale, un hypogonadisme d'origine ovarienne et une cause anatomique. Le bilan commence par un test de grossesse ; après l'interrogatoire et l'examen, il comprend les dosages de la TSH, de la prolactine, de la FSH et de l'estradiol.
Quand faire le bilan hormonal
Sous pilule combinée, un dosage des androgènes est difficile à interpréter de façon fiable : la pilule augmente la SHBG, la globuline qui lie les hormones sexuelles, et freine leur production. Si ce dosage est indispensable, la recommandation de 2023 demande d'arrêter la pilule au moins 3 mois avant, avec une autre contraception pendant ce temps. Elle ne fixe ce délai que pour la pilule combinée.
L'AMH, qui peut remplacer l'échographie pour le critère des ovaires chez l'adulte, peut elle aussi être abaissée par une pilule combinée en cours ou récente.
À partir d'un an après les premières règles, la recommandation de 2023 tient un seul cycle de plus de 90 jours pour irrégulier, et trois ans après, des cycles de moins de 21 jours ou de plus de 35 jours, ou moins de 8 cycles par an. Elle ne dit pas à partir de quand ces repères s'appliquent après l'arrêt d'une contraception, et les premiers cycles d'après la pilule sont en moyenne plus longs et plus variables. Le calcul de cycle irrégulier compare vos dates à ces repères.
Quand consulter
- Plus de 3 mois sans règles depuis l'arrêt si vos cycles étaient réguliers avant la contraception, 6 mois s'ils étaient irréguliers, après un test de grossesse si une grossesse est possible. Après une injection, ce temps se compte à partir de la fin de ses 12 semaines d'action.
- Des cycles irréguliers avant la contraception, ou plus de 90 jours sans règles depuis l'arrêt : devant des cycles irréguliers, la recommandation de 2023 demande d'envisager un SOPK et de l'évaluer.
- Une pilosité, une acné ou une chute de cheveux qui s'aggravent en quelques mois, une voix qui devient plus grave : l'ASRM fait alors écarter une tumeur qui sécrète des androgènes.
- Un écoulement de lait par les seins en dehors de l'allaitement, qui oriente vers une prolactine élevée.
Questions fréquentes
Combien de temps après l'arrêt de la pilule les règles reviennent-elles ?
Aucune durée ne vaut pour toutes. Parmi les contraceptions réversibles, l'OMS ne fait exception au retour habituellement rapide de la fertilité que pour les injections de progestatif, et après la pilule, les premiers cycles sont en moyenne de quelques jours plus longs, et plus variables. Ce qui existe, c'est un repère pour consulter : plus de 3 mois sans règles si vos cycles étaient réguliers avant, 6 mois s'ils étaient irréguliers, après un test de grossesse.
Pas de règles depuis 3 mois après l'arrêt de la pilule, est-ce normal ?
Si vos cycles étaient réguliers avant la pilule, plus de 3 mois sans règles justifie un bilan, qui commence par un test de grossesse : c'est le repère de l'avis de 2024 de l'ASRM pour une femme qui avait des cycles réguliers. Cet avis ne prévoit pas d'attente propre à l'arrêt d'une contraception, et compte le SOPK parmi les six causes qui expliquent la plupart des absences de règles.
Peut-on diagnostiquer un SOPK sous pilule ?
Pas complètement. Sous pilule, les saignements ne renseignent pas sur l'ovulation, et un dosage des androgènes est difficile à interpréter : si ce dosage est indispensable, la recommandation de 2023 demande au moins 3 mois d'arrêt de la pilule combinée avant de le faire, et l'AMH peut elle aussi être abaissée. Restent vos cycles d'avant la pilule, et la pilosité, que la pilule peut atténuer puisqu'elle en est l'un des traitements.
Quand ovule-t-on après l'arrêt de la pilule ?
Cela varie, et cette page ne le calcule pas. Dans l'étude qui a comparé 70 femmes venant d'arrêter la pilule à 70 autres, l'ovulation venait en moyenne quelques jours plus tard. Après une injection de médroxyprogestérone, l'OMS demande d'annoncer que son retour peut prendre jusqu'à un an. Comme aucune date ne se prévoit, la page ne peut pas servir de contraception ; quand la recommandation de 2023 fait arrêter la pilule avant un dosage, elle demande une autre contraception pendant ces 3 mois.
Mes cycles étaient irréguliers avant la pilule, dois-je attendre 6 mois pour consulter ?
Non. Le repère de 6 mois de l'ASRM concerne le bilan d'une absence de règles. Des cycles irréguliers sont l'un des critères du SOPK, et la recommandation de 2023 demande alors de l'envisager et de l'évaluer. Le test SOPK reprend ce critère avec les deux autres.
Sources scientifiques
- 1.Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Current evaluation of amenorrhea: a committee opinion. Fertil Steril. 2024;122(1):52-61. PMID 38456861
- 2.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
- 3.Munro MG, Balen AH, Cho S, et al. The FIGO ovulatory disorders classification system. Int J Gynaecol Obstet. 2022;159(1):1-20. PMID 35983674
- 4.Osoti A, Kidula N, Mengesa LB, Kiarie JN. Return to fertility after subcutaneous depot medroxyprogesterone acetate: a narrative review. BMJ Sex Reprod Health. 2025;51(Suppl 1):s52-s59. PMID 41184158
- 5.Nassaralla CL, Stanford JB, Daly KD, Schneider M, Schliep KC, Fehring RJ. Characteristics of the menstrual cycle after discontinuation of oral contraceptives. J Womens Health (Larchmt). 2011;20(2):169-177. PMID 21219248
- 6.ANSM. Résumé des caractéristiques du produit : DEPO PROVERA 150 mg/3 mL, suspension injectable (intramusculaire profonde), CIS 62429736, mis à jour le 19/03/2026. Base de données publique des médicaments. Consulter
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