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Symptôme

Chute de cheveux de type féminin

La chute de cheveux de type féminin, ou alopécie androgénétique, éclaircit peu à peu le dessus du crâne : la raie s'élargit, la queue de cheval s'affine, la ligne du front reste en place. Avec l'hirsutisme et l'acné, c'est l'un des trois signes d'excès d'androgènes que la recommandation internationale de 2023 sur le SOPK fait rechercher. Seule, sans pilosité excessive, elle prédit pourtant mal un excès d'androgènes dans le sang, et beaucoup de femmes qui en sont atteintes n'en ont aucun.

Mis à jour le 24 octobre 2026

Dossier sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Une femme assise près d'une fenêtre attache ses cheveux, l'air détendu
OutilTest SOPK : les critères de Rotterdam

La reconnaître, et ce qui lui ressemble

Chez la femme, l'alopécie androgénétique éclaircit surtout le dessus et le milieu du crâne, de façon diffuse, en gardant la ligne du front : c'est la forme la plus fréquente, décrite par Ludwig. Dans une autre forme courante, dite en sapin de Noël, l'éclaircissement atteint aussi la lisière du front, et les tempes peuvent reculer un peu. Les cheveux deviennent plus fins et plus courts, mais les femmes ne deviennent pas chauves comme certains hommes.

Elle devient plus fréquente avec l'âge. Dans deux études chez des femmes blanches au Royaume-Uni et aux États-Unis, elle touchait 3 à 6 % des femmes de moins de 30 ans, et 29 à 42 % de celles de 70 ans et plus ; elle semble moins fréquente et plus tardive chez les femmes asiatiques. Elle commence le plus souvent vers 40, 50 ou 60 ans, parfois plus tôt, et c'est la cause de chute de cheveux la plus fréquente chez la femme.

D'autres chutes lui ressemblent. Perdre 50 à 100 cheveux par jour est normal. Une chute abondante qui survient quelques mois après un accouchement, une forte fièvre, une opération, une perte de poids importante, un stress intense ou l'arrêt de la pilule est le plus souvent un effluvium télogène : elle s'arrête d'elle-même, et les cheveux retrouvent en général leur volume en six à neuf mois. La pelade, qui fait des plaques, ou des coiffures qui tirent sur les cheveux en sont d'autres causes, et deux causes peuvent s'additionner.

Le diagnostic se fait le plus souvent à l'examen : le médecin regarde la répartition de la chute, tire doucement sur une mèche pour voir combien de cheveux viennent, et examine le cuir chevelu de plus près en cas de doute. Une prise de sang ou une biopsie servent quand une autre cause reste possible. La recommandation SOPK de 2023 demande aux médecins de considérer comme importante la chute de cheveux que vous signalez, quelle que soit sa sévérité apparente, et de l'évaluer avec une échelle visuelle, celle de Ludwig ou celle d'Olsen.

Ce qui la provoque

Le cheveu pousse par cycles. Dans l'alopécie androgénétique, la phase de croissance raccourcit et le follicule, la petite poche d'où sort le cheveu, rétrécit : les cheveux épais laissent peu à peu la place à des cheveux fins et clairs, proches d'un duvet. Ses causes sont multiples, et de nombreux gènes y participent.

Chez l'homme, cette chute dépend des androgènes, surtout de la dihydrotestostérone. Chez la femme, leur rôle est moins clair. La chute fait partie des signes d'un excès d'androgènes important, comme celui d'une tumeur qui en sécrète, et certaines études trouvent plus souvent un excès d'androgènes, le plus souvent léger, ou des ovaires polykystiques chez les femmes concernées. Mais beaucoup d'entre elles n'ont aucun autre signe d'excès d'androgènes, ni à l'examen ni dans le sang.

L'hérédité compte : les hommes de la famille proche des femmes atteintes deviennent plus souvent chauves, et l'American Academy of Dermatology décrit cette chute comme héréditaire, transmise par la mère, le père ou les deux. Comme elle est plus fréquente après la ménopause, les hormones pourraient aussi jouer un rôle.

C'est pourquoi la recommandation SOPK de 2023 la considère, quand elle est seule, sans pilosité excessive, comme un signe peu fiable d'excès d'androgènes dans le sang. Elle la compte parmi les signes à rechercher à l'examen, avec l'hirsutisme et l'acné, et c'est quand la pilosité excessive manque ou reste discrète que le dosage de la testostérone, totale et libre, est le plus utile au diagnostic.

Ce qui agit, et ce qui n'agit pas

Le traitement le mieux établi est le minoxidil, appliqué sur le cuir chevelu. La recommandation européenne sur l'alopécie androgénétique le recommande aux femmes de plus de 18 ans, pour freiner la chute et améliorer la densité des cheveux, et l'American Academy of Dermatology le présente comme le traitement le plus recommandé. Ses effets indésirables les plus fréquents sont une irritation du cuir chevelu et des poils qui poussent sur le visage. Il est contre-indiqué pendant la grossesse et l'allaitement.

Les anti-androgènes, des médicaments qui bloquent l'action des androgènes, sont moins bien étayés : faute de preuves, la recommandation européenne ne peut pas en recommander chez les femmes sans excès d'androgènes. Chez les femmes avec un SOPK, la recommandation de 2023 propose d'essayer un anti-androgène avec la pilule, compte tenu du retentissement psychologique de la chute, tout en reconnaissant que les preuves manquent. Ces médicaments exigent une contraception efficace, parce qu'ils font courir un risque à un fœtus masculin. Le finastéride, un traitement de la chute de cheveux chez l'homme, n'a pas montré d'effet chez des femmes ménopausées ; il n'est pas autorisé chez la femme, et il est contre-indiqué dès qu'une grossesse est possible.

D'autres moyens existent. Les peignes et casques à laser de faible intensité peuvent compléter un traitement, d'après la recommandation européenne, avec des appareils dont l'effet a été montré dans des essais, mais leur usage au-delà de six mois n'a pas été évalué. La greffe de cheveux peut être envisagée quand la zone où les cheveux sont prélevés est assez fournie. Pour le plasma riche en plaquettes, aucune recommandation n'est possible, faute de technique standardisée. Les shampooings dits antichute peuvent donner un aspect plus épais, mais ne font pas repousser les cheveux.

Aucun régime ne fait partie des traitements de la recommandation européenne, et la recommandation SOPK de 2023 ne trouve aucune alimentation meilleure qu'une autre, y compris sur les hormones. Quant aux nombreux produits vendus pour les cheveux, la recommandation européenne n'en retient aucun, et juge les preuves insuffisantes pour prendre du fer en l'absence de carence. Si vous prenez un complément, dites-le à votre médecin : certains interagissent avec des médicaments.

Le délai à connaître

Le cheveu pousse lentement. Un traitement se juge après six mois au moins, d'après la recommandation européenne, et l'American Academy of Dermatology compte six à douze mois pour savoir s'il fonctionne. Pendant les premières semaines de minoxidil, la chute peut augmenter : c'est passager, et c'est le signe que des follicules au repos repartent en croissance. La recommandation européenne conseille de ne pas arrêter pour autant.

L'effet dure tant que le traitement dure. À l'arrêt du minoxidil, la chute reprend, en général environ trois mois plus tard, et l'American Academy of Dermatology décrit la même chose à l'arrêt des médicaments pris par voie orale. Elle souligne aussi qu'un traitement commencé dès les premiers signes donne les meilleurs résultats. La recommandation SOPK de 2023 demande de suivre la chute de cheveux pendant le traitement, pour juger de son effet ou l'adapter.

Quand consulter

  • Une chute qui s'installe vite, ou des signes d'excès d'androgènes qui apparaissent ou s'aggravent rapidement : la recommandation de 2023 demande alors d'écarter une tumeur qui sécrète des androgènes
  • Des cheveux qui s'éclaircissent avec des cycles irréguliers, une pilosité excessive ou une acné persistante, qui font rechercher un SOPK
  • Une chute soudaine et abondante, ou des plaques sans cheveux : ces chutes ont d'autres causes, qui ne se traitent pas de la même façon
  • Un projet de grossesse ou un allaitement pendant un traitement contre la chute : plusieurs traitements sont contre-indiqués, à revoir avec votre médecin avant d'arrêter votre contraception
  • Un retentissement sur votre moral ou sur l'image que vous avez de vous, quelle que soit l'importance apparente de la chute

Questions fréquentes

Une chute de cheveux veut⁠-⁠elle dire que j'ai un SOPK ?

Non. L'alopécie androgénétique est la cause de chute de cheveux la plus fréquente chez la femme, souvent héréditaire, et beaucoup de femmes qui en sont atteintes n'ont aucun excès d'androgènes. Seule, sans pilosité excessive, elle prédit mal un excès d'androgènes dans le sang. Elle fait rechercher un SOPK quand elle s'accompagne de cycles irréguliers ou d'une pilosité excessive : le diagnostic repose sur deux critères parmi trois, des troubles de l'ovulation, un excès d'androgènes et l'aspect polykystique des ovaires, une fois les autres causes écartées.

Ma testostérone est normale : est⁠-⁠ce compatible avec une chute androgénétique ?

Oui. Beaucoup de femmes qui en sont atteintes n'ont aucun excès d'androgènes dans le sang. Pour le SOPK, la recommandation de 2023 conseille de doser la testostérone totale et libre, par une méthode précise, et note que ce dosage est le plus utile quand il n'y a pas de pilosité excessive. Sous pilule, le résultat est peu fiable : la pilule augmente la SHBG, la protéine qui transporte la testostérone, et réduit la production d'androgènes. Si le dosage est indispensable, la recommandation prévoit d'arrêter la pilule au moins trois mois, avec une autre contraception.

Quels traitements sont incompatibles avec une grossesse ?

Le minoxidil est contre-indiqué pendant la grossesse et l'allaitement, et l'American Academy of Dermatology conseille de l'éviter dès qu'une grossesse est envisagée. Les anti-androgènes peuvent empêcher les organes génitaux d'un fœtus masculin de se former normalement : la recommandation de 2023 demande aux femmes qui en prennent et peuvent être enceintes d'utiliser une contraception efficace. Le finastéride est contre-indiqué pour la même raison. Si vous avez un projet de grossesse, parlez-en à votre médecin avant d'arrêter votre contraception.

Je perds beaucoup de cheveux depuis quelques semaines : est⁠-⁠ce la même chose ?

Pas forcément. Une chute abondante qui survient quelques mois après un accouchement, une forte fièvre, une opération, une perte de poids importante, un stress intense ou l'arrêt de la pilule est le plus souvent un effluvium télogène : elle s'arrête d'elle-même, et les cheveux retrouvent en général leur volume en six à neuf mois. L'alopécie androgénétique, elle, éclaircit les cheveux progressivement. Les deux peuvent s'additionner, et un dermatologue sait les distinguer.

L'alimentation ou des compléments peuvent⁠-⁠ils faire repousser mes cheveux ?

Ce n'est pas démontré. Aucun régime ne fait partie des traitements de la recommandation européenne sur l'alopécie androgénétique, qui ne retient non plus aucun des nombreux produits vendus pour les cheveux, ni le fer en l'absence de carence. D'après l'American Academy of Dermatology, la plupart des études n'ont trouvé aucun effet des compléments sur la pousse ni sur l'épaisseur des cheveux. Une carence en fer se recherche par une prise de sang, sur avis de votre médecin, et un complément que vous prenez est à lui signaler : certains interagissent avec des médicaments.

Sources scientifiques

  1. 1.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
  2. 2.Kanti V, Messenger A, Dobos G, et al. Evidence-based (S3) guideline for the treatment of androgenetic alopecia in women and in men - short version. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018;32(1):11-22. PMID 29178529
  3. 3.American Academy of Dermatology. Thinning hair and hair loss: Could it be female pattern hair loss? Mis à jour le 13 décembre 2022. Consulter
  4. 4.American Academy of Dermatology. Do you have hair loss or hair shedding? Consulter

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