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SOPK

Acné et pilosité : ce que les androgènes expliquent, ce qui agit

Avec un SOPK, l'excès d'androgènes peut donner de l'acné et une pilosité excessive. Pourquoi ces signes ne suivent pas toujours le bilan sanguin, les traitements qui agissent sur chacun, le délai à respecter et les signes qui doivent faire consulter vite.

Équipe Helena8 min de lecture

Article sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Une femme assise au bord d'une baignoire, près d'une fenêtre, applique un peu de crème sur sa joue du bout des doigts, un pot blanc sans étiquette dans l'autre main

Avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), deux signes visibles reviennent souvent : l'acné et une pilosité excessive, que les médecins appellent hirsutisme. Tous deux tiennent en partie aux androgènes, des hormones présentes chez toutes les femmes et souvent en excès avec un SOPK. Cet article explique ce que ces signes disent, ce qui agit sur chacun, et en combien de temps.

Pour le détail de chaque signe, voyez aussi nos dossiers Hirsutisme et Acné hormonale.

Ce que les androgènes font à la peau et aux poils

La pousse des poils dans les zones dites masculines (lèvre supérieure, menton, poitrine, ventre, dos) dépend entièrement des androgènes. Sous leur effet, le duvet fin et clair de ces zones peut se transformer en poils épais, foncés et longs (Martin et al., 2018). Les androgènes stimulent aussi les glandes qui fabriquent le sébum, l'un des mécanismes de l'acné (Meixiong et al., 2022).

Mais chaque peau réagit à sa façon. Le score de pilosité suit mal le taux d'androgènes dans le sang, parce que la sensibilité du follicule pileux varie beaucoup d'une femme à l'autre (Martin et al., 2018). C'est pourquoi la recommandation internationale de 2023 distingue les deux signes (Teede et al., 2023) :

  • une pilosité excessive suffit, chez l'adulte, à faire penser à un excès d'androgènes et à un SOPK ;
  • une acné seule, sans pilosité excessive, en est un indice faible, tout comme une chute de cheveux isolée.

La même recommandation demande aux médecins de prendre au sérieux une pilosité qui vous gêne, quelle que soit son importance apparente, et de croire ce que vous en décrivez : beaucoup de femmes s'épilent, ce qui la cache le jour de l'examen (Teede et al., 2023). Pour la mesurer vous-même, voyez notre score de pilosité.

La pilosité : ce qui agit

La pilule œstroprogestative est le premier traitement quand il n'y a pas de projet de grossesse, dans la recommandation internationale comme dans celle de l'Endocrine Society, la société savante américaine d'endocrinologie (Teede et al., 2023 ; Martin et al., 2018). Aucune pilule particulière n'est recommandée plutôt qu'une autre dans le SOPK : le choix suit les recommandations générales sur la contraception (Teede et al., 2023).

Un anti-androgène peut s'y ajouter si la gêne reste après au moins six mois de pilule ou de soins esthétiques, ou le remplacer quand la pilule n'est pas possible. Il se prend toujours avec une contraception efficace, parce qu'il peut empêcher le développement normal des organes génitaux d'un fœtus masculin (Teede et al., 2023). Ces médicaments n'ont pas tous le même profil : la recommandation déconseille l'acétate de cyprotérone à forte dose, à cause d'un risque de méningiome, une tumeur des enveloppes du cerveau, le plus souvent bénigne (Teede et al., 2023). Le choix se fait avec votre médecin.

Le laser réduit les poils du visage, et améliore aussi l'anxiété, la tristesse et la qualité de vie qui y sont liées (Teede et al., 2023). Quelques repères :

  • il agit sur le pigment du poil, et marche donc mal sur les poils blonds, gris ou blancs, pour lesquels l'électrolyse est une autre option (Teede et al., 2023 ; Martin et al., 2018) ;
  • avec un SOPK, il faut souvent plus de séances qu'en l'absence d'excès d'androgènes (Teede et al., 2023) ;
  • sur une peau mate ou foncée, le risque de brûlure est plus élevé : le choix du laser et de ses réglages compte, et mieux vaut un centre encadré par un médecin (Martin et al., 2018) ;
  • associé à la pilule, il peut donner un meilleur résultat dans la durée (Teede et al., 2023) ;
  • la lumière pulsée agit moins que le laser, et rien ne montre l'efficacité des appareils à domicile (Teede et al., 2023).

Le rasage ne rend pas les poils plus épais : il coupe la pointe net, ce qui donne seulement l'impression d'un poil plus dru (Martin et al., 2018).

Ce qui n'est pas un traitement de la pilosité : la metformine, que l'Endocrine Society déconseille dans ce seul but, et la recommandation internationale lui préfère la pilule (Martin et al., 2018 ; Teede et al., 2023). Changer d'hygiène de vie reste utile pour la santé, mais n'est pas un traitement de la pilosité (Martin et al., 2018).

L'acné : ce qui agit

Pour l'acné, les premiers traitements s'appliquent sur la peau. La recommandation britannique propose une cure de douze semaines d'une association de deux produits locaux, en ajoutant pour une acné modérée à sévère un antibiotique par voie orale (NICE, 2021). Selon la sévérité, votre médecin ou votre dermatologue choisit la suite.

En France, la Société française de dermatologie ne recommande pas de prescrire une pilule dans le seul but de traiter l'acné, en l'absence de besoin de contraception (SFD, 2015). Cette recommandation exclut toutefois de son champ l'acné liée à une maladie hormonale, et demande un bilan hormonal et l'avis d'un endocrinologue ou d'un gynécologue devant une acné avec des troubles du cycle ou une pilosité excessive (SFD, 2015). Avec un SOPK, la pilule, quand elle est choisie pour la contraception ou pour la pilosité, peut aussi agir sur l'acné. Si vous voulez une contraception hormonale pendant un traitement de l'acné, la recommandation britannique propose la pilule œstroprogestative plutôt que la pilule à progestatif seul (NICE, 2021).

Deux précautions avec les traitements locaux :

  • ils irritent souvent la peau au début : commencer un jour sur deux, ou rincer après une heure, puis passer à l'usage normal s'ils sont bien tolérés (NICE, 2021) ;
  • certains sont contre-indiqués pendant la grossesse et quand on en prépare une, comme les rétinoïdes appliqués sur la peau : parlez-en si vous avez un projet de bébé (NICE, 2021).

Le délai à respecter

C'est souvent là que l'on abandonne trop tôt.

  • Pour la pilosité, le poil pousse par cycles : sur le visage, sa phase de croissance dure environ quatre mois. Un traitement hormonal met environ six mois à montrer un effet, et environ neuf mois à donner son plein effet. L'Endocrine Society conseille d'essayer un traitement au moins six mois avant d'en changer (Martin et al., 2018).
  • Pour l'acné, les premiers effets peuvent mettre six à huit semaines à se voir, et l'on juge un traitement au bout de douze semaines environ (NICE, 2021), trois mois pour la recommandation française (SFD, 2015).

Et l'alimentation ?

Aucun aliment ne soigne l'acné ni la pilosité. La recommandation britannique estime qu'il n'y a pas assez de preuves pour conseiller un régime contre l'acné (NICE, 2021), et la recommandation française ne conseille pas de changer d'alimentation dans ce but (SFD, 2015).

La revue la plus complète sur le sujet trouve un effet modeste des repas à forte charge glycémique, mais à partir de quelques petits essais menés surtout chez de jeunes hommes ; elle ne trouve aucun essai sur les produits laitiers, dont le lien avec l'acné reste incertain (Meixiong et al., 2022). Les auteurs eux-mêmes limitent leurs conclusions aux adolescents et aux jeunes adultes.

Supprimer un groupe d'aliments sans bénéfice prouvé n'est pas conseillé : la recommandation sur le SOPK met en garde contre les régimes trop restrictifs ou déséquilibrés (Teede et al., 2023).

Pour la peau, au quotidien

La recommandation britannique donne quelques gestes simples (NICE, 2021) :

  • un nettoyant doux, au pH neutre ou légèrement acide, matin et soir ;
  • des crèmes hydratantes et des protections solaires non grasses, qui ne bouchent pas les pores ;
  • un maquillage non gras, retiré le soir ;
  • ne pas triturer les boutons, ce qui augmente le risque de cicatrices.

Dans l'app Helena, vous pouvez noter « Acné hormonale » et « Peau sèche » dans vos symptômes. Le rapport que vous pouvez montrer à votre médecin reprend les symptômes que vous notez le plus.

Le moral compte aussi

L'acné et la pilosité pèsent souvent sur l'image de soi et le moral, quelle que soit leur importance visible. La recommandation internationale demande aux soignants d'en tenir compte (Teede et al., 2023), et la recommandation britannique propose d'orienter vers un dermatologue, voire vers un professionnel de santé mentale, quand l'acné entraîne une détresse durable (NICE, 2021). Voyez aussi Anxiété, déprime et SOPK.

Quand consulter vite

  • Une pilosité qui apparaît ou augmente en peu de temps, ou qui progresse malgré un traitement (Teede et al., 2023 ; Martin et al., 2018).
  • Des signes de virilisation : une voix qui devient plus grave, une masse musculaire qui augmente, un clitoris qui grossit (Martin et al., 2018).
  • Une acné avec des nodules ou des kystes, qui laisse des cicatrices ou des taches qui persistent, ou qui ne répond pas à deux traitements bien conduits (NICE, 2021).
  • Une acné ou une pilosité avec des cycles irréguliers : elles font rechercher un SOPK. Voyez Comprendre le SOPK.

En résumé

  • Les androgènes expliquent la pilosité et une part de l'acné, mais chaque peau y réagit à sa façon : vos signes ne suivent pas toujours votre bilan.
  • Pour la pilosité : la pilule d'abord, un anti-androgène avec une contraception si besoin, le laser pour le visage, et six mois de patience.
  • Pour l'acné : des traitements locaux d'abord, trois mois avant de juger.
  • Aucun aliment ne soigne l'acné ni la pilosité.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Le choix d'un traitement se fait avec votre médecin ou votre dermatologue.

Sources scientifiques

  1. 1.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
  2. 2.Martin KA, Anderson RR, Chang RJ, et al. Evaluation and Treatment of Hirsutism in Premenopausal Women: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2018;103(4):1233-1257. PMID 29522147
  3. 3.National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Acne vulgaris: management. NICE guideline NG198, 2021. Consulter
  4. 4.Société française de dermatologie (SFD). Le Cleach L, Lebrun-Vignes B, Bachelot A, et al. Prise en charge de l'acné. Traitement de l'acné par voie locale et générale. Recommandation labellisée par la HAS. Ann Dermatol Venereol. 2015;142(11):692-700. PMID 26522401
  5. 5.Meixiong J, Ricco C, Vasavda C, Ho BK. Diet and acne: A systematic review. JAAD Int. 2022;7:95-112. PMID 35373155
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