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SOPK

Anxiété, déprime et SOPK : un lien reconnu, et où trouver de l'aide

Avec un SOPK, les symptômes de dépression et d'anxiété sont plus fréquents, et la recommandation internationale demande de les rechercher chez toutes les femmes. Les signes qui doivent faire consulter, le dépistage, et où trouver de l'aide en France.

Équipe Helena7 min de lecture

Article sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Une femme assise sur un banc de fenêtre chez elle, gilet lavande, une tasse de thé dans les mains, le regard tourné vers la fenêtre, l'air calme, dans la lumière du matin

Avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), on parle des cycles, de la pilosité, de la glycémie. Le moral passe souvent après. La recommandation internationale de 2023 le remet au premier plan : les aspects psychologiques sont fréquents, ils font partie du SOPK, et tous les soignants devraient en avoir conscience (Teede et al., 2023).

Cet article explique ce que dit cette recommandation sur la dépression et l'anxiété, à quels signes il faut consulter, d'après la recommandation française sur l'épisode dépressif de l'adulte (HAS, 2017), et où trouver de l'aide en France. Il aide à mettre des mots sur ce que vous vivez ; il ne permet pas de poser un diagnostic soi-même.

Ce que dit la recommandation internationale

La recommandation sur le SOPK consacre un chapitre aux aspects psychologiques (Teede et al., 2023) :

  • La qualité de vie est touchée. Soignants et patientes doivent reconnaître ce que le SOPK et ses manifestations coûtent à la qualité de vie. Votre médecin devrait vous demander comment vous vivez vos symptômes, ce qui vous préoccupe le plus et ce que vous voulez traiter en priorité.
  • La dépression et l'anxiété sont plus fréquentes. Les symptômes de dépression modérés à sévères, et la dépression elle-même, sont plus fréquents chez les adultes et les adolescentes avec un SOPK. Les symptômes d'anxiété modérés à sévères et les troubles anxieux le sont aussi chez les adultes.
  • Elles sont à rechercher chez toutes. Les soignants doivent dépister la dépression chez toutes les adultes et les adolescentes avec un SOPK, et l'anxiété chez toutes les adultes, avec des outils de dépistage validés dans leur pays.
  • Si les symptômes sont modérés ou sévères, le soignant doit approfondir l'évaluation, orienter vers le bon professionnel ou proposer une prise en charge. La suite dépend de la sévérité des symptômes et du diagnostic posé.

Les deux recommandations de dépistage sont fortes et appuyées sur des preuves de certitude élevée. Le bon rythme pour répéter ce dépistage n'est pas connu : la recommandation propose de le faire au diagnostic, puis selon le jugement du soignant, les facteurs de risque, les autres maladies et les événements de la vie, dont la période autour d'une grossesse (Teede et al., 2023).

Elle rappelle aussi que le SOPK peut peser sur l'image du corps, et qu'il faut penser aux troubles du comportement alimentaire, quel que soit le poids. Elle note enfin que ne pas prendre en charge l'anxiété et la dépression peut nuire au suivi du SOPK lui-même (Teede et al., 2023).

Déprime passagère ou dépression ?

Tout le monde traverse des jours sans. La recommandation française sur l'épisode dépressif caractérisé, le nom médical de la dépression, en donne les repères. Pour parler de dépression, les symptômes doivent (HAS, 2017) :

  • être présents depuis au moins deux semaines, presque tous les jours, avec une certaine intensité
  • marquer un changement par rapport à votre façon habituelle de vivre, au travail, en famille, avec vos proches
  • entraîner une souffrance importante

La HAS décrit trois symptômes principaux : une humeur dépressive, une perte d'intérêt ou un abattement, une perte d'énergie avec une fatigue qui vient plus vite. D'autres peuvent s'y ajouter : une concentration et une attention réduites, une baisse de l'estime et de la confiance en soi, un sentiment de culpabilité ou d'inutilité, une vision sombre de l'avenir, des idées ou des comportements suicidaires, des troubles du sommeil, une perte d'appétit. La dépression peut aussi s'exprimer par le corps, avec des douleurs ou des plaintes qui reviennent, et par des troubles de la sexualité (HAS, 2017).

Ces repères servent au médecin. Le diagnostic est clinique : il se pose en consultation, et c'est aussi là que se mesure sa sévérité (HAS, 2017).

Les signes qui doivent vous faire consulter

Parlez-en à votre médecin ou à un psychologue si vous vous reconnaissez dans l'une de ces situations (HAS, 2017 ; Teede et al., 2023) :

  • une tristesse, un abattement ou une perte d'intérêt pour ce que vous aimiez, presque tous les jours depuis deux semaines ou plus
  • une fatigue, un sommeil, un appétit ou une concentration qui changent, au point de peser sur votre quotidien
  • le sentiment de ne rien valoir, une culpabilité, un avenir qui vous semble bouché
  • une anxiété qui envahit vos journées
  • des manifestations du SOPK, la pilosité, le poids, la fertilité, qui pèsent sur votre moral ou sur l'image que vous avez de vous

Vous pouvez aussi demander le dépistage que prévoit la recommandation : il fait partie du suivi du SOPK, au même titre que la glycémie ou la tension (Teede et al., 2023).

Le dépistage : un questionnaire, puis un professionnel

Le dépistage passe par un questionnaire court et validé, que l'on remplit souvent soi-même. La HAS en cite plusieurs, et rappelle que ces outils sont des aides : leur résultat est toujours soumis au jugement du médecin, pour le diagnostic comme pour le suivi. Pour certaines personnes, remplir un questionnaire aide à s'approprier le diagnostic (HAS, 2017).

Un score ne suffit pas. La recommandation internationale précise que le dépistage comprend la recherche des facteurs de risque, des symptômes, et du risque d'automutilation et d'idées suicidaires (Teede et al., 2023). Le médecin examine aussi les maladies associées et cherche d'autres causes possibles, comme un trouble de la thyroïde, ou l'usage ou l'arrêt de certaines substances (HAS, 2017).

Où trouver de l'aide en France

  • Votre médecin traitant est souvent la première porte. La recommandation française lui confie l'évaluation et le suivi, et l'orientation, selon vos préférences, vers un psychiatre, un psychologue clinicien ou un psychothérapeute. Le choix de la prise en charge se fait avec vous (HAS, 2017).
  • Un psychologue, avec le dispositif Mon soutien psy : jusqu'à 12 séances avec un psychologue partenaire, pour les adultes en souffrance psychique d'intensité légère à modérée, troubles anxieux et dépressifs compris. Vous pouvez en parler à votre médecin ou à votre sage-femme, ou prendre rendez⁠-⁠vous directement. La séance coûte 50 euros, et l'Assurance Maladie la rembourse à 60 % (Assurance Maladie, 2026).
  • Vos proches, si vous le souhaitez. La HAS recommande, avec votre accord, de les informer sur la dépression et son évolution : ce sont souvent eux qui apportent le soutien du quotidien (HAS, 2017).

Dans le cadre d'un suivi, la HAS ajoute des conseils de vie quotidienne : garder un rythme régulier de jour et de nuit, une activité physique régulière, une vie sociale et les activités qui vous plaisent, et éviter l'alcool. Ils accompagnent la prise en charge, ils ne la remplacent pas (HAS, 2017).

En cas d'idées suicidaires

Si vous pensez au suicide, ou si vous vous inquiétez pour un proche, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide. Il est gratuit et joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, depuis toute la France (Service Public, 2026).

En cas d'urgence vitale, appelez le 15 (Samu) ou le 112, utilisable dans tous les pays de l'Union européenne (Service Public, 2026).

En parler n'augmente pas le risque. La HAS rappelle que poser la question des idées suicidaires, avec tact et dans un climat de confiance, ne renforce pas le risque suicidaire, et qu'un risque élevé est une urgence (HAS, 2017).

En résumé

  • Avec un SOPK, les symptômes de dépression et d'anxiété modérés à sévères sont plus fréquents, et la recommandation internationale demande de les rechercher chez toutes les femmes (Teede et al., 2023).
  • Des symptômes présents presque tous les jours depuis deux semaines, ou qui pèsent sur le quotidien, doivent faire consulter ; le diagnostic se pose en consultation (HAS, 2017).
  • Votre médecin traitant et les psychologues du dispositif Mon soutien psy sont deux portes d'entrée (HAS, 2017 ; Assurance Maladie, 2026).
  • En cas d'idées suicidaires, le 3114 répond 24 heures sur 24 ; en cas d'urgence vitale, le 15 ou le 112 (Service Public, 2026).

Pour une vue d'ensemble du diagnostic et de la prise en charge du SOPK, voyez notre article Comprendre le SOPK.


Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Si vous pensez au suicide, appelez le 3114 ; en cas d'urgence vitale, le 15 ou le 112.

Sources scientifiques

  1. 1.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
  2. 2.Haute Autorité de santé (HAS). Épisode dépressif caractérisé de l'adulte : prise en charge en soins de premier recours. Recommandation de bonne pratique, octobre 2017. Consulter
  3. 3.Assurance Maladie. Remboursement de séances chez le psychologue : dispositif Mon soutien psy. ameli.fr, mis à jour le 16 septembre 2026. Consulter
  4. 4.Service Public (Direction de l'information légale et administrative). Quels sont les numéros en cas d'urgence (Samu, pompiers…) et les numéros d'écoute ? service-public.fr, vérifié le 25 août 2026. Consulter
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