L’essentiel
- Ce que c'est : de quoi préparer un rendez-vous pour un SOPK, avec ce qu'il faut noter, les examens à attendre et les questions à poser.
- Ce que vous pouvez faire : noter les dates de vos règles, vos signes et vos traitements, puis choisir une à trois questions.
- Quand consulter : signalez une pilosité apparue récemment ou qui progresse vite, car elle demande d'autres examens. N'arrêtez pas votre contraception de vous-même.
Le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) arrive souvent tard, et partout dans le monde, beaucoup de femmes se disent insatisfaites des soins reçus (Teede et al., 2023). Une consultation dure peu, et la mémoire résume mal des mois de symptômes.
Cet article ne permet pas de se diagnostiquer soi-même : il sert à préparer une conversation avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou un endocrinologue.
Pour aller plus loin : pourquoi préparer ce rendez-vous
Dans une enquête australienne auprès de 249 femmes, environ deux sur trois disaient avoir du mal à parler avec leurs soignants de leur moral, de la gestion du poids et de ce que le syndrome change à leur quotidien (Khan et al., 2018).
Que noter avant le rendez-vous ?
Cinq sujets à préparer, avec des dates quand vous en avez.
| À noter | Pourquoi |
|---|---|
| Vos cycles, depuis vos premières règles | Les cycles irréguliers font partie des critères du diagnostic. |
| Vos signes, et depuis quand | Une pilosité récente ou qui progresse vite demande d'autres examens. |
| Vos antécédents | Ils comptent dans le rythme du contrôle de votre glycémie et dans la lecture de certains dosages. |
| Vos traitements | Une pilule combinée rend certains dosages difficiles à lire. |
| Votre projet de grossesse | Il change ce qui passe en premier. |
Pour aller plus loin : vos cycles
- Les dates de début de vos règles, sur plusieurs mois si possible. La recommandation définit les cycles irréguliers à partir de leur durée et du nombre d'années écoulées depuis les premières règles : notez aussi l'âge de vos premières règles (Teede et al., 2023).
- Notre outil Vos cycles sont-ils irréguliers ? lit vos dates selon cette définition.
- Votre plus longue période sans règles. Une absence de règles prolongée et non traitée fait partie de ce qui augmente le risque pour l'endomètre, la muqueuse de l'utérus : un risque plus élevé avec un SOPK, qui reste faible en valeur absolue (Teede et al., 2023).
- Des cycles réguliers, si c'est votre cas. Un trouble de l'ovulation reste possible avec des cycles réguliers, et le médecin peut alors proposer un dosage de la ProgestéroneUne hormone produite après l'ovulation. Son dosage peut aider à vérifier qu'une ovulation a eu lieu. pour le vérifier (Teede et al., 2023).
- Vos cycles d'avant la pilule, si vous en prenez une : les saignements sous pilule ne renseignent pas sur vos cycles. Ce dont vous vous souvenez de la période d'avant compte davantage.
Pour aller plus loin : vos signes, et depuis quand
- La pilosité, l'acné, la chute de cheveux. La recommandation demande aux soignants de prendre au sérieux une pilosité ou une chute de cheveux qui vous gêne, quelle que soit son importance apparente (Teede et al., 2023).
- Elle reconnaît que ce que vous constatez vous-même a une grande valeur, même quand l'examen montre peu de chose (Teede et al., 2023). Notre score de pilosité vous aide à décrire la vôtre, zone par zone.
- Ce que vous faites pour les atténuer. Épilation, rasage, laser, soins de la peau : dites-le, avec la fréquence. Ces soins sont courants et diminuent ce que le médecin peut voir à l'examen (Teede et al., 2023).
- Depuis quand, et à quelle vitesse. Une pilosité qui s'aggrave nettement compte aussi : elle demande d'autres examens, pour écarter une autre cause que le SOPK (Teede et al., 2023).
- Votre sommeil. Un ronflement associé à un réveil non reposé, à une somnolence dans la journée ou à une fatigue fait partie des signes d'apnée du sommeil que la recommandation demande de rechercher (Teede et al., 2023). Le sommeil et le SOPK détaille ces signes.
- Votre moral et votre rapport à la nourriture ont leur place en consultation.
- La recommandation demande de dépister la dépression et l'anxiété chez toutes les femmes avec un SOPK, et de penser aux troubles du comportement alimentaire quel que soit le poids (Teede et al., 2023). Voir aussi l'anxiété et la dépression et la fringale ou le trouble alimentaire.
- Ce que le syndrome change à votre vie. La recommandation demande aux soignants de vous interroger sur la façon dont vous vivez vos symptômes, leur effet sur votre qualité de vie, vos inquiétudes et vos priorités (Teede et al., 2023).
Pour aller plus loin : vos antécédents
- Dans votre famille : un diabète de type 2 ou une hypertension chez vos parents, vos frères ou vos sœurs. Les pères et les frères des femmes avec un SOPK auraient plus souvent un syndrome métabolique, un diabète de type 2 et une hypertension (Teede et al., 2023).
- Pour vous : vos grossesses et leurs éventuelles complications, vos problèmes de santé connus, et une éventuelle chirurgie des ovaires, que la recommandation range parmi les facteurs qui influencent le taux d'AMH (hormone anti-müllérienne)Une hormone produite par les ovaires. Chez l'adulte, un dosage élevé peut remplacer l'échographie pour le critère des ovaires. Une pilule combinée, en cours ou récente, peut l'abaisser. (Teede et al., 2023).
Pour aller plus loin : vos traitements
- Votre contraception, et depuis quand. Sous pilule ŒstroprogestativeQui associe un œstrogène et un progestatif, comme la pilule dite combinée. Elle rend difficile à interpréter le dosage des androgènes., le dosage des androgènes est très difficile à interpréter, et le taux d'AMH peut être abaissé (Teede et al., 2023).
- Si le dosage des androgènes est indispensable, la recommandation prévoit d'arrêter la pilule au moins trois mois, avec une autre contraception pendant ce temps (Teede et al., 2023). Cela se décide avec votre médecin : n'arrêtez pas votre contraception de vous-même avant le rendez-vous.
- Tous vos autres traitements, compléments alimentaires compris, en particulier ceux qui agissent sur la glycémie.
Pour aller plus loin : votre projet de grossesse
Proche ou lointain, dites-le : la recommandation conseille d'aborder tôt la santé reproductive et les projets de grossesse (Teede et al., 2023).
Avant une grossesse ou un traitement de l'infertilité, la recommandation conseille de mesurer la tension et de faire une hyperglycémie provoquée par voie orale (Hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO)Un examen de la glycémie : une prise de sang à jeun, puis une autre deux heures après avoir bu une boisson sucrée. C'est l'examen le plus précis pour dépister un trouble du sucre dans le sang.), parce que les grossesses sont plus à risque avec un SOPK (Teede et al., 2023).
Un projet de bébé avec un SOPK détaille ce qui se prépare avant.
Quels examens pour poser le diagnostic ?
Le SOPK ne se diagnostique pas sur une prise de sang seule. Chez l'adulte, il faut deux éléments sur trois, une fois les autres causes écartées (Teede et al., 2023) :
- des troubles de l'ovulation ;
- un excès d'androgènes, visible ou mesuré ;
- l'aspect des ovaires à l'échographie, ou un taux élevé d'AMH (hormone anti-müllérienne)Une hormone produite par les ovaires. Chez l'adulte, un dosage élevé peut remplacer l'échographie pour le critère des ovaires. Une pilule combinée, en cours ou récente, peut l'abaisser..
Tous les examens ci-dessous ne sont donc pas nécessaires pour toutes : votre médecin choisit selon votre situation. Notre article Comprendre le SOPK détaille ces critères.
| Examen | À quoi il sert |
|---|---|
| Questions et examen | Décrire vos cycles, votre pilosité, votre acné et vos cheveux. |
| Dosage des androgènes | Chercher un excès, surtout quand les signes visibles sont discrets ou absents. |
| Autres dosages hormonaux | Écarter d'autres causes des mêmes signes. |
| Échographie ou AMH | L'un ou l'autre, seulement si les deux autres critères ne sont pas déjà réunis. |
Pour aller plus loin : le détail de chaque examen
- La pilosité s'évalue le plus souvent avec le score de Score de Ferriman-Gallwey modifiéUne mesure de la pilosité sur neuf zones sensibles aux androgènes : lèvre supérieure, menton, poitrine, haut et bas du dos, haut et bas du ventre, bras et cuisses. En savoir plus modifié (Teede et al., 2023).
- Un dosage des androgènes : la testostérone totale et la testostérone libre, souvent estimée par l'index des Index des androgènes libresIl rapporte la testostérone totale à la SHBG, la protéine qui la transporte, pour estimer la part de testostérone réellement disponible. C'est l'une des mesures d'un excès d'androgènes. En savoir plus, de préférence par Spectrométrie de masseUne méthode de laboratoire qui identifie une molécule par sa masse. Aux taux de testostérone des femmes, qui sont bas, elle est plus fiable que les dosages directs courants. de masse (Teede et al., 2023).
- Si elles sont normales, l'AndrostènedioneUn androgène, une hormone dite masculine que toutes les femmes produisent. Son dosage peut s'ajouter quand la testostérone est normale. et la DHEASUn autre androgène, une hormone dite masculine que toutes les femmes produisent. Son dosage peut s'ajouter quand la testostérone est normale. peuvent être dosées (Teede et al., 2023).
- Pour écarter d'autres causes : la TSHL'hormone qui commande la thyroïde. Son dosage sert à écarter un trouble de la thyroïde, qui peut donner des cycles irréguliers. pour la thyroïde, la ProlactineUne hormone dont un taux élevé est une autre cause de cycles irréguliers ou absents, parfois avec un écoulement de lait en dehors de l'allaitement. Son dosage sert à l'écarter., la 17-hydroxyprogestéroneUne hormone des glandes surrénales. Son dosage sert à écarter une hyperplasie congénitale des surrénales, une maladie rare qui peut donner les mêmes signes que le SOPK. et la FSH et LHLes deux hormones par lesquelles le cerveau commande les ovaires. Leur dosage aide à écarter un arrêt du cycle venu du cerveau, quand il cesse de stimuler les ovaires., et d'autres examens si les signes le demandent (Teede et al., 2023).
- La FSH et LHLes deux hormones par lesquelles le cerveau commande les ovaires. Leur dosage aide à écarter un arrêt du cycle venu du cerveau, quand il cesse de stimuler les ovaires. et la FSH repèrent aussi des cycles absents parce que le cerveau cesse de stimuler les ovaires, le plus souvent par manque de masse grasse ou à cause d'un exercice intense (Teede et al., 2023).
- L'échographie ou l'AMH : l'un ou l'autre mais pas les deux. L'échographie par voie vaginale est la plus précise, si vous l'acceptez ; ni l'échographie ni l'AMH ne sont recommandées chez l'adolescente (Teede et al., 2023).
Quels examens une fois le diagnostic posé ?
La recommandation prévoit ce suivi pour toutes les femmes avec un SOPK (Teede et al., 2023).
| Examen | Quand |
|---|---|
| Glycémie | Au diagnostic chez toutes, quels que soient l'âge et le poids, puis tous les un à trois ans, selon vos autres facteurs de risque de diabète. |
| Bilan lipidiqueLa mesure des graisses du sang : le cholestérol total, le LDL, le HDL et les triglycérides. | Au diagnostic, puis selon les résultats. |
| Tension artérielle | Mesurée chaque année, et quand vous envisagez une grossesse. |
| Moral | Au diagnostic, puis selon votre situation. |
| Sommeil | Si vous avez des signes d'apnée. |
| Poids | Mesuré seulement avec votre accord. |
Les dosages d'insuline et le HOMA-IRUn indice calculé à partir de la glycémie et de l'insuline à jeun. La recommandation de 2023 ne le retient pas en routine : les dosages d'insuline mesurent mal la résistance à l'insuline d'une personne. En savoir plus n'en font pas partie : la résistance à l'insuline fait partie des mécanismes du syndrome, mais les dosages disponibles la mesurent mal, et la recommandation ne les conseille pas en routine (Teede et al., 2023).
Pour aller plus loin : le détail de chaque examen
- La glycémie : l'examen le plus précis est l'hyperglycémie provoquée par voie orale (Hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO)Un examen de la glycémie : une prise de sang à jeun, puis une autre deux heures après avoir bu une boisson sucrée. C'est l'examen le plus précis pour dépister un trouble du sucre dans le sang.), avec 75 g de glucose ; à défaut, la glycémie à jeun ou l'Hémoglobine glyquée (HbA1c)Une autre prise de sang qui sert à dépister un trouble du sucre dans le sang. La recommandation de 2023 la juge nettement moins précise que l'hyperglycémie provoquée., nettement moins précises (Teede et al., 2023).
- Le bilan lipidique (cholestérol total, LDL, HDL et triglycérides) se fait quels que soient l'âge et le poids (Teede et al., 2023).
- Le moral : un dépistage à refaire selon votre situation et les événements de votre vie, comme une grossesse (Teede et al., 2023).
- Le sommeil : un questionnaire, puis un examen du sommeil si besoin, seul à pouvoir poser le diagnostic (Teede et al., 2023).
- L'endomètre : son risque restant faible, aucun dépistage systématique n'est recommandé (Teede et al., 2023).
Pour les conditions de prélèvement de chaque dosage (à jeun, moment du cycle, contraception), voyez la liste de notre page Prise de sang SOPK. Cet article n'interprète aucun résultat : c'est votre médecin qui lit l'ensemble.
Quelles questions poser au médecin ?
Commencez par une à trois questions, celles qui comptent le plus pour vous en ce moment, pour laisser au médecin le temps de vous examiner, et notez les réponses (MCHRI, 2020). Voici des pistes, à reformuler à votre façon :
- Le diagnostic : quels critères sont réunis chez moi ? Quelles autres causes ont été écartées, et lesquelles restent à vérifier ?
- Les examens : lesquels restent à faire, dans quelles conditions, et que cherche chacun d'eux ?
- La suite : que faudra-t-il surveiller, et à quel rythme ? Qui d'autre peut m'accompagner, pour l'alimentation, l'activité physique ou le moral ?
- Ce qui vous gêne : dites d'abord ce qui vous pèse le plus au quotidien, puis demandez quelles options existent, avec leurs avantages et leurs inconvénients.
- Un projet de grossesse : qu'est-ce que cela change pour moi, et quand faut-il en reparler ?
- L'information : où trouver des informations fiables ?
Pour aller plus loin : d'où viennent ces questions
Monash University, qui a coordonné la recommandation internationale, a construit avec des patientes une liste de questions à apporter en consultation, en anglais dans les sources (Khan et al., 2018).
La recommandation demande que les décisions soient prises avec vous, à partir de vos priorités, avec une orientation vers d'autres professionnels quand c'est utile (Teede et al., 2023).
Elle demande aussi aux soignants de prévenir leurs patientes du risque de désinformation et de les orienter vers des ressources fondées sur les preuves (Teede et al., 2023).
Et si je ne veux pas parler de mon poids ?
Vous avez votre mot à dire. La recommandation demande aux soignants de solliciter votre accord avant de parler de votre poids ou de le mesurer (Teede et al., 2023). Elle demande aussi d'expliquer à quoi servira la mesure et de limiter l'inconfort, par exemple par une pesée sans voir le chiffre (Teede et al., 2023).
Pour aller plus loin : ce que prévoit la recommandation
La recommandation reconnaît que beaucoup de femmes avec un SOPK subissent une stigmatisation liée au poids, y compris dans le soin (Teede et al., 2023).
Elle prévoit aussi le choix entre une prise en charge centrée sur la perte de poids et une prise en charge centrée sur les habitudes de vie, sans objectif de poids, selon vos objectifs (Teede et al., 2023).
Que contient le rapport de l'application Helena ?
Si vous utilisez Helena, le rapport pour votre médecin se crée dans Paramètres, « Exporter mon mois en PDF ». Le fichier est créé sur votre téléphone. Il ne contient aucun résultat d'analyse : apportez aussi vos comptes rendus de laboratoire.
Pour aller plus loin : ce que reprend le rapport
- Les 30 derniers jours, jour par jour : les débuts de règles, l'humeur, les heures de sommeil et le nombre de symptômes notés, avec la phase du cycle quand l'application l'affiche.
- Vos cycles : la durée de vos derniers cycles notés et leur lecture selon la définition des cycles irréguliers de la recommandation de 2023, sauf sous contraception hormonale, où les saignements ne se lisent pas comme des cycles.
- Le résumé de ces 30 jours : l'humeur et le sommeil moyens, et les symptômes que vous avez le plus notés.
- Les régularités repérées dans vos notes, comme un symptôme qui revient, et les traitements et compléments que vous avez saisis.
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Il ne permet pas de poser un diagnostic.
