La symptothermie fait partie des méthodes d'observation du cycle, parfois appelées méthodes naturelles. Elle croise plusieurs signes du corps pour repérer le début et la fin des jours fertiles. On l'utilise pour éviter une grossesse ou, plus rarement, pour en préparer une. Cet article explique ce qu'elle observe et ce que valent ces observations, en particulier avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Il ne conseille aucune méthode de contraception : ce choix se fait avec un professionnel de santé.
Pour les tests d'ovulation urinaires et les examens qui confirment une ovulation, voyez aussi Ovulation et SOPK : ce qu'on peut observer.
Ce que la symptothermie observe
La température au réveil. Prise chaque matin avant de se lever, au même moment, après au moins trois heures de repos. Après l'ovulation, la progestérone la fait monter un peu, et elle reste plus haute jusqu'aux règles. La montée signale donc l'ovulation après coup : la phase non fertile qui suit commence quand la température est restée trois jours de suite au moins 0,2 °C au-dessus des six jours précédents (FSRH, 2015). Une maladie ou une infection peuvent la fausser.
La glaire du col de l'utérus. Après les règles, on se sent souvent sèche. Puis, avec la montée des œstrogènes, apparaît une glaire collante et blanchâtre, qui devient de plus en plus claire, glissante et étirable, comme du blanc d'œuf cru. Après l'ovulation, elle redevient épaisse ou disparaît. Le dernier jour de glaire la plus glissante, appelé jour sommet, n'est reconnu que le lendemain, et il faut souvent trois cycles pour apprendre à lire ces changements (FSRH, 2015).
Le col de l'utérus, parfois. Pendant les jours fertiles, il est plus haut, plus mou et entrouvert. Son efficacité comme signe isolé n'a jamais été mesurée, et il n'est pas recommandé seul (FSRH, 2015).
La méthode combine ces signes, avec un calcul tiré de la durée des cycles précédents, pour situer le début et la fin des jours fertiles. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elle demande d'éviter les rapports non protégés du premier jour des règles jusqu'au quatrième jour après le jour sommet ou au troisième jour après la montée de la température, la plus tardive des deux dates (OMS, 2022).
Ce que disent les études sur sa fiabilité
Les données de bonne qualité sont rares. La plupart des études sont observationnelles, et une revue Cochrane des essais randomisés n'a pas pu en tirer de taux de grossesse (FSRH, 2015). Une revue systématique de 2018 a retenu 53 études : aucune de haute qualité, 21 de qualité moyenne, 32 de faible qualité. Parmi les études de qualité moyenne, les taux de grossesse en usage courant la première année allaient de 1,8 pour 100 femmes avec une méthode symptothermique à 13, voire 33 pour 100 avec d'autres variantes (Peragallo Urrutia et al., 2018).
Les recommandations retiennent ces repères :
- appliquée parfaitement, moins d'une grossesse pour 100 femmes en un an (FSRH, 2015 ; OMS, 2022) ;
- telle qu'elle est pratiquée, environ 2 grossesses pour 100 femmes en un an, chez des couples volontaires pour des études (OMS, 2022). Dans une cohorte de 900 femmes, le taux était de 0,6 pour 100 femmes sur 13 cycles sans rapport non protégé pendant les jours fertiles, et de 7,5 pour 100 quand il y en avait (FSRH, 2015) ;
- pour l'ensemble des méthodes d'observation du cycle, en usage courant, les données reprises par la HAS donnent une grossesse dans l'année chez une utilisatrice sur quatre aux États-Unis et chez 8 % en France, et près de la moitié des utilisatrices abandonnent la méthode dans l'année (HAS, 2014).
Elle demande aussi un vrai engagement : en moyenne 17 jours par cycle sans rapports non protégés (OMS, 2022), une observation quotidienne, et l'accord du partenaire. Elle ne protège pas des infections sexuellement transmissibles, contre lesquelles seul le préservatif est efficace (HAS, 2019). La recommandation britannique conseille de l'apprendre avec une personne formée, et rappelle qu'avec un usage courant, ces méthodes sont moins efficaces que les contraceptions de longue durée comme le stérilet ou l'implant (FSRH, 2015).
Pourquoi elle convient mal aux cycles d'un SOPK
Avec un SOPK, les cycles sont souvent longs ou irréguliers, et l'ovulation rare. Or toutes les recommandations lues font des cycles irréguliers une situation difficile pour ces méthodes :
- la HAS les dit adaptées aux femmes qui connaissent bien leur cycle et ont des règles régulières, et peu adaptées quand les cycles sont irréguliers, comme à l'adolescence ou à l'approche de la ménopause. Elle ajoute que leur taux d'échec impose qu'une grossesse imprévue soit acceptable (HAS, 2019) ;
- la recommandation britannique note que des cycles irréguliers compliquent l'apprentissage et la lecture des signes, demandent un soutien renforcé, ou rendent la méthode inadaptée (FSRH, 2015) ;
- l'OMS demande de la prudence quand les cycles sont irréguliers, et d'attendre le retour des règles quand elles ont disparu (OMS, 2022).
Concrètement, avec des cycles irréguliers, la période sans rapports non protégés s'allonge (FSRH, 2015). La recommandation britannique signale aussi qu'un moniteur hormonal urinaire vendu comme contraceptif ne doit pas être utilisé, selon sa propre notice, en cas de SOPK (FSRH, 2015).
Après l'arrêt d'une contraception hormonale, les premiers cycles sont souvent modifiés : il faut attendre au moins trois cycles, et des cycles redevenus réguliers, avant de se fier à ces signes (FSRH, 2015). Voyez Pilule et SOPK : ce qu'elle traite, ce qu'elle masque, et l'arrêt.
Si vous voulez un enfant
Observer sa glaire peut aider à mieux connaître son cycle : les chances de grossesse sont plus grandes les jours où elle est présente (FSRH, 2015). Mais la recommandation britannique sur la fertilité conseille surtout des rapports tous les 2 à 3 jours, et déconseille de se servir d'une courbe de température pour confirmer une ovulation, parce qu'elle ne la prédit pas de façon fiable (NICE, 2026). Comme la température monte après l'ovulation, elle ne sert pas non plus à choisir le jour (FSRH, 2015).
Avec un SOPK et des cycles irréguliers, mieux vaut en parler tôt à votre médecin. Voyez Un projet de bébé avec un SOPK et Quand le bébé tarde.
Ce que fait l'app Helena
Helena n'est pas une contraception. L'app ne vous demande ni votre température ni l'aspect de votre glaire, et n'en lit pas non plus depuis Apple Santé, où elle ne lit que les règles, le sommeil, le poids et l'activité. Elle n'affiche aucune fenêtre fertile.
Quand vos cycles durent de 21 à 35 jours, l'écran Cycle situe une ovulation dite « estimée », calculée sur la durée de vos cycles : ce n'est pas une observation. Avec des cycles irréguliers, l'app n'affiche ni phase ni ovulation. Et dès le réglage du cycle, sous la question « Comment vis-tu ton cycle aujourd'hui ? », l'app le dit : elle suit votre cycle, elle ne vous dit pas quand un rapport serait sans risque de grossesse.
En résumé
- La symptothermie combine la température au réveil, la glaire du col et parfois le col lui-même pour repérer les jours fertiles.
- Appliquée parfaitement, elle est très efficace ; en usage courant, les chiffres varient beaucoup, et les études de bonne qualité sont rares.
- Elle demande une formation, une observation quotidienne et en moyenne 17 jours par cycle sans rapports non protégés, et ne protège pas des infections sexuellement transmissibles.
- Les recommandations la jugent difficile ou inadaptée avec des cycles irréguliers, fréquents avec un SOPK.
- Pour concevoir, des rapports tous les 2 à 3 jours valent mieux qu'une courbe de température.
- L'app Helena ne recueille ni température ni glaire et n'affiche aucune fenêtre fertile.
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Le choix d'une contraception se fait avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme.
