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SOPK

Grossesse avec un SOPK : le suivi qui compte

Avec un SOPK, la grossesse est considérée comme plus à risque, surtout pour le diabète gestationnel et la tension. Ce que dit la recommandation internationale de 2023, ce que prévoient les suivis de grossesse en France et au Royaume-Uni, et les questions à poser à votre sage-femme ou à votre médecin.

Équipe Helena9 min de lecture

Article sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Une femme enceinte d'une trentaine d'années, d'origine nord-africaine, cheveux bouclés attachés, assise dans un fauteuil près d'une fenêtre, une main posée sur son ventre arrondi, un petit carnet fermé et un stylo sur les genoux, dans la lumière douce du matin

Avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), on parle beaucoup du temps qu'il faut pour tomber enceinte, beaucoup moins de la grossesse elle-même. La recommandation internationale de 2023 la considère pourtant comme une grossesse à risque plus élevé, qui doit être repérée et suivie avec attention (Teede et al., 2023). Faute d'études montrant l'intérêt d'une prise en charge propre au SOPK, les repères restent ceux de toutes les femmes enceintes, appliqués avec un peu plus de vigilance (Bahri Khomami et al., 2022).

Ce qui se prépare avant la grossesse est dans Un projet de bébé avec un SOPK. Cet article parle de la suite : ce que veut dire ce risque, ce que comprend le suivi, et ce que vous pouvez demander.

Un risque plus élevé, pas une grossesse à part

La recommandation demande aux soignants de savoir que les femmes enceintes avec un SOPK ont un risque plus élevé de (Teede et al., 2023) :

  • prise de poids plus importante pendant la grossesse ;
  • fausse couche ;
  • diabète gestationnel ;
  • hypertension de la grossesse et prééclampsie ;
  • croissance plus lente du bébé et petit poids de naissance ;
  • naissance prématurée ;
  • césarienne.

Les bébés de gros poids et les accouchements avec forceps ou ventouse, eux, ne sont pas plus fréquents (Teede et al., 2023). Cette recommandation est forte, mais les études sur lesquelles elle repose sont de certitude très faible.

Ces risques varient selon la forme du SOPK, le poids avant la grossesse, l'origine, et le recours à des traitements de fertilité, qui augmentent eux-mêmes certains risques (Bahri Khomami et al., 2022). Pour donner un ordre de grandeur : dans une méta-analyse de 22 études qui ont suivi 24 574 femmes avec un SOPK, environ une sur cinq a eu un diabète gestationnel, avec de grands écarts d'une étude à l'autre (Yan et al., 2022). La plupart n'en ont donc pas eu. Un risque plus élevé ne dit pas comment se passera votre grossesse : il explique pourquoi on la suit de plus près.

Dites-le dès le premier rendez⁠-⁠vous

Les recommandations de suivi de grossesse comptent rarement le SOPK parmi les facteurs de risque, et il passe souvent inaperçu (Bahri Khomami et al., 2022). La recommandation sur le SOPK demande donc qu'il soit connu de l'équipe qui suit la grossesse (Teede et al., 2023). En France, la première consultation a lieu avant 10 semaines d'aménorrhée et sert notamment à repérer les situations à risque pour adapter le suivi ; la liste de la HAS ne cite pas le SOPK (HAS, 2016). C'est donc à vous de le mentionner.

Signalez aussi les traitements que vous preniez au moment de la conception. La metformine n'est pas recommandée de façon systématique pendant la grossesse, et elle n'a pas montré qu'elle évitait le diabète gestationnel ou la prééclampsie (Teede et al., 2023). Les anti-androgènes, prescrits contre la pilosité, et les analogues du GLP-1 ne s'utilisent qu'avec une contraception efficace, les premiers parce qu'ils peuvent gêner le développement d'un fœtus masculin, les seconds faute de données de sécurité (Teede et al., 2023). Si une grossesse survient sous l'un de ces traitements, prévenez votre médecin sans attendre : c'est avec lui que se décide la suite. Voyez aussi Metformine, GLP-1 : comprendre les traitements dont on vous parle.

Le diabète gestationnel : quel test, et quand

Avec un SOPK, le risque de diabète gestationnel est multiplié par deux à quatre selon les études (Bahri Khomami et al., 2022). La recommandation conseille donc de proposer à toutes une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO), le test le plus fiable dans le SOPK : avant la grossesse si possible, sinon dès la première consultation, puis entre la 24e et la 28e semaine (Teede et al., 2023).

Les règles nationales reposent sur d'autres critères :

  • en France, le sucre est recherché dans les urines à chaque consultation mensuelle, et une glycémie à jeun au premier trimestre, et/ou une HGPO entre la 24e et la 28e semaine d'aménorrhée, sont proposées en présence d'au moins un facteur de risque : plus de 35 ans, un indice de masse corporelle de 25 ou plus, un diabète chez un parent, un frère ou une sœur, un diabète gestationnel ou un bébé de plus de 4 kg lors d'une grossesse précédente (Assurance Maladie, 2025) ;
  • au Royaume-Uni, la liste est proche, avec un seuil d'indice de masse corporelle de 30 (NICE, 2020).

Le SOPK ne figure dans aucune de ces listes. Si aucun critère ne s'applique à vous, demandez si un test est prévu, en rappelant ce que conseille la recommandation sur le SOPK.

Le but n'est pas d'inquiéter. Un diabète gestationnel repéré se surveille et se prend en charge ; non repéré et non contrôlé, il augmente un peu le risque de complications graves à l'accouchement (NICE, 2020).

La tension, à chaque consultation

La tension artérielle est mesurée à chaque consultation de grossesse, chez toutes les femmes enceintes (NICE, 2021 ; HAS, 2016). Une hypertension qui apparaît après 20 semaines conduit à rechercher les signes de prééclampsie (Bahri Khomami et al., 2022).

Avec ou sans SOPK, certains signes demandent de voir un professionnel de santé tout de suite (NICE, 2023) :

  • un mal de tête intense ;
  • des troubles de la vue, comme une vision floue ou des éclairs devant les yeux ;
  • une forte douleur juste sous les côtes ;
  • des vomissements ;
  • un gonflement soudain du visage, des mains ou des pieds.

Le poids : en parler sans jugement

La prise de poids pendant la grossesse est en moyenne plus importante avec un SOPK, et la recommandation conseille de proposer tôt un accompagnement de l'hygiène de vie (Teede et al., 2023). Elle rappelle aussi que beaucoup de femmes avec un SOPK subissent des remarques sur leur poids dans les soins, et demande aux soignants de vous demander votre accord avant de parler de poids ou de vous peser, de proposer si besoin une pesée sans que vous voyiez le chiffre, et de vous offrir les mêmes soins quel que soit votre poids (Teede et al., 2023).

La prise de poids attendue dépend du poids de départ ; les conseils sur ce point devraient être donnés sans stigmatisation, et les repères d'alimentation et d'activité restent ceux de toutes les femmes enceintes (Bahri Khomami et al., 2022). La recommandation britannique demande d'en parler de façon personnalisée et sans jugement (NICE, 2021).

Le moral compte aussi

La dépression et l'anxiété sont plus fréquentes avec un SOPK, et la recommandation propose de les rechercher de nouveau autour de la grossesse (Teede et al., 2023). Deux études récentes, menées en population générale, ont trouvé plus de dépression et d'anxiété pendant la grossesse chez les femmes avec un SOPK (Bahri Khomami et al., 2022). En France, un entretien individuel ou en couple est proposé à toutes les femmes enceintes pour repérer ce qui peut peser : stress, précarité, difficultés dans le couple ou la famille (HAS, 2016). Si le moral baisse, n'attendez pas : voyez Anxiété, déprime et SOPK.

Les questions à poser

  • « J'ai un SOPK : est⁠-⁠ce que cela change mon suivi ? »
  • « Un test de dépistage du diabète gestationnel est⁠-⁠il prévu pour moi, et quand ? »
  • « Je prenais un traitement au moment de la conception : que fait⁠-⁠on ? »
  • « Quels signes doivent me faire appeler sans attendre ? »
  • « Quelle prise de poids est attendue pour moi ? Pouvez⁠-⁠vous me peser sans me montrer le chiffre ? »
  • « Quels contrôles sont prévus après la naissance ? » La suite est dans Après la naissance avec un SOPK.

Et Helena pendant la grossesse ?

Helena n'a pas de programme pour la grossesse. Si vous ne notez plus de règles, l'app masque d'elle-même les phases du cycle et les prévisions de règles dès que le cycle en cours dépasse 35 jours. Ses programmes et ses conseils ne sont pas conçus pour la grossesse : pour l'alimentation et l'activité physique, suivez ceux de votre sage-femme ou de votre médecin.

En résumé

  • La recommandation internationale considère la grossesse avec un SOPK comme à risque plus élevé, surtout pour le diabète gestationnel et la tension ; la plupart des grossesses n'ont pas ces complications.
  • Signalez votre SOPK et vos traitements dès le premier rendez⁠-⁠vous.
  • Une HGPO est conseillée dès le début de la grossesse si elle n'a pas été faite avant, puis entre la 24e et la 28e semaine.
  • La tension est mesurée à chaque consultation ; certains signes demandent de consulter tout de suite.
  • Le poids se discute avec votre accord, et sans jugement.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de signe inquiétant pendant la grossesse, contactez votre maternité ou appelez le 15 ou le 112.

Sources scientifiques

  1. 1.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
  2. 2.Bahri Khomami M, Teede HJ, Joham AE, Moran LJ, Piltonen TT, Boyle JA. Clinical management of pregnancy in women with polycystic ovary syndrome: An expert opinion. Clin Endocrinol (Oxf). 2022;97(2):227-236. PMID 35383999
  3. 3.Yan Q, Qiu D, Liu X, Xing Q, Liu R, Hu Y. The incidence of gestational diabetes mellitus among women with polycystic ovary syndrome: a meta-analysis of longitudinal studies. BMC Pregnancy Childbirth. 2022;22(1):370. PMID 35488240
  4. 4.National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Antenatal care. NICE guideline NG201, août 2021. Consulter
  5. 5.National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Diabetes in pregnancy: management from preconception to the postnatal period. NICE guideline NG3, février 2015, mis à jour en décembre 2020. Consulter
  6. 6.National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Hypertension in pregnancy: diagnosis and management. NICE guideline NG133, juin 2019, mis à jour en avril 2023. Consulter
  7. 7.Haute Autorité de santé (HAS). Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. Recommandation de bonne pratique, 2007, mise à jour en mai 2016. Consulter
  8. 8.Assurance Maladie. Comment dépiste-t-on un diabète gestationnel chez une femme enceinte ? ameli.fr, 31 janvier 2025. Consulter
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