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SOPK

Contraception sans œstrogène ou sans hormone : ce que change le SOPK

Pilule progestative, implant, DIU hormonal, injection, DIU au cuivre, préservatif : ce que chaque méthode change avec un SOPK pour les saignements, la muqueuse de l'utérus quand les règles sont rares et la lecture du cycle, d'après les recommandations britanniques, la HAS et la recommandation internationale de 2023. Sans conseiller aucune méthode.

Équipe Helena9 min de lecture

Article sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Au printemps, une femme d'une trentaine d'années aux cheveux roux bouclés et aux taches de rousseur est assise sur un banc de parc, une pomme à la main, le regard posé sur les arbres en fleurs, un sac en toile à côté d'elle

Avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), la pilule œstroprogestative est souvent la première contraception proposée : voyez Pilule et SOPK : ce qu'elle traite, ce qu'elle masque, et l'arrêt. Elle ne convient pas à toutes, et certaines préfèrent éviter les œstrogènes, ou toute hormone. Cet article décrit les autres méthodes et ce qu'elles changent avec un SOPK, sans en conseiller aucune : le choix se fait avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme.

Deux familles de méthodes

  • Sans œstrogène, avec un progestatif seul : la pilule progestative, prise chaque jour sans interruption ; l'implant, placé sous la peau du bras pour trois ans ; le DIU hormonal, placé dans l'utérus pour plusieurs années ; l'injection, renouvelée tous les trois mois (HAS, 2019).
  • Sans hormone : le DIU au cuivre, efficace dès la pose et pour plusieurs années (FSRH, 2023), et les méthodes barrières, préservatifs masculin et féminin, diaphragme et cape cervicale (HAS, 2019). Les méthodes d'observation du cycle ont leur propre article : Symptothermie : ce qu'elle observe, ce qu'elle vaut.

Leur efficacité n'est pas la même. Selon les chiffres américains repris par la HAS, en usage courant, on compte en un an, pour 100 femmes, moins d'une grossesse avec l'implant, le DIU hormonal ou le DIU au cuivre, environ 6 avec l'injection, 9 avec les pilules, combinées ou progestatives, et 15 avec le préservatif masculin. Les chiffres français, plus bas pour les pilules et le préservatif, gardent le même ordre (HAS, 2014). La pilule progestative dépend d'une prise régulière, à heure fixe (FSRH, 2022). Seul le préservatif protège des infections sexuellement transmissibles (HAS, 2019).

Pourquoi se passer d'œstrogène, parfois

Les œstrogènes de la pilule combinée augmentent le risque de caillot dans les veines. La HAS contre-indique la pilule œstroprogestative avant 35 ans en cas de migraine avec aura, et après 35 ans chez la fumeuse ou en cas de migraine ; elle recommande alors une méthode progestative seule ou une autre contraception (HAS, 2019).

Les critères britanniques UKMEC classent chaque méthode de 1 (aucune restriction) à 4 (risque inacceptable). Dans plusieurs situations, la pilule combinée est à 3 ou 4 quand les autres méthodes restent le plus souvent à 1 ou 2 (CoSRH, 2025) :

  • migraine avec aura : 4 pour la pilule combinée, 2 pour la pilule progestative, l'implant, le DIU hormonal et l'injection, 1 pour le DIU au cuivre ;
  • tabac après 35 ans : 3 ou 4 pour la pilule combinée, 1 pour les autres ;
  • IMC de 35 ou plus : 3 pour la pilule combinée, 2 pour l'injection, 1 pour les autres ;
  • hypertension : 3 ou 4 pour la pilule combinée, 2 pour l'injection, 1 pour les autres ;
  • antécédent de thrombose veineuse : 4 pour la pilule combinée, 3 pour l'injection, 2 pour la pilule progestative, l'implant et le DIU hormonal, 1 pour le DIU au cuivre.

Ces critères portent sur la sécurité, pas sur l'efficacité, et ne désignent pas la meilleure méthode pour une personne (CoSRH, 2025). Pour la pilule progestative, les données, très limitées, ne montrent pas de hausse du risque de thrombose (FSRH, 2022). Un SOPK n'est pas une contre-indication au DIU, hormonal ou au cuivre (FSRH, 2023).

Ce qui change pour les saignements

Avec un progestatif seul, des saignements imprévisibles sont fréquents : petites pertes de sang, saignements plus fréquents ou plus espacés, parfois plus de saignement du tout (FSRH, 2022). La HAS rappelle que ces troubles ne doivent pas faire arrêter la contraception sans l'avis d'un professionnel (HAS, 2019). Avec le DIU hormonal, les saignements changent souvent au début puis tendent à diminuer, et l'absence de règles devient plus fréquente avec le temps (FSRH, 2023).

Avec le DIU au cuivre, les règles sont souvent plus abondantes, plus longues ou plus douloureuses. Cela diminue souvent avec le temps, mais c'est le motif d'arrêt le plus cité (FSRH, 2023).

La muqueuse de l'utérus quand les règles sont rares

Avec un SOPK, le risque d'épaississement anormal de la muqueuse de l'utérus et de cancer de l'endomètre est nettement plus élevé, même si la probabilité d'un cancer reste faible : la recommandation internationale ne conseille pas de dépistage systématique. Une absence de règles prolongée et non traitée, un diabète de type 2, un poids élevé ou une muqueuse épaisse à l'échographie s'ajoutent à ce risque. Parmi les moyens de prévention, la recommandation cite la régulation des cycles et un progestatif pris régulièrement (Teede et al., 2023).

  • La pilule progestative peut être envisagée pour protéger la muqueuse, en suivant les recommandations générales, car les données propres au SOPK sont limitées (Teede et al., 2023).
  • Le DIU hormonal agit directement sur la muqueuse, qu'il amincit dans le mois qui suit la pose. La recommandation britannique cite son usage dans la prise en charge du SOPK et de l'hyperplasie de l'endomètre (FSRH, 2023), et une revue sur la contraception dans le SOPK le juge plus efficace que les progestatifs par voie orale pour faire régresser une hyperplasie (Oguz et Yildiz, 2021).
  • Le DIU au cuivre et les méthodes barrières n'apportent aucune hormone et ne protègent donc pas la muqueuse. Si vos règles sont rares, parlez-en : une protection peut être discutée à côté.

Ce que les progestatifs seuls ne font pas

Pour la pilosité et des cycles irréguliers, la recommandation internationale propose la pilule combinée ; elle ne cite les progestatifs seuls que pour protéger la muqueuse. Quand la pilule combinée est contre-indiquée, un anti-androgène peut être envisagé pour la pilosité, toujours avec une contraception efficace, car il menace le développement des organes génitaux d'un fœtus masculin (Teede et al., 2023). Voyez Acné et pilosité.

Les données sur les progestatifs seuls dans le SOPK sont rares. L'injection a, chez des femmes sans SOPK, des effets moins favorables sur le métabolisme, avec une prise de masse grasse et une baisse de la densité osseuse (Oguz et Yildiz, 2021). La HAS la réserve aux cas où une autre méthode n'est pas possible, pour une durée limitée, et note qu'après l'arrêt, la fertilité peut mettre jusqu'à 12 mois à revenir, contre un retour en général immédiat avec les autres méthodes (HAS, 2019).

La lecture du cycle

Les progestatifs seuls n'agissent pas tous sur l'ovulation de la même façon : certaines pilules progestatives la bloquent la plupart du temps, d'autres pas de façon fiable et agissent surtout sur la glaire du col (FSRH, 2022). Avec le DIU hormonal, plus de trois utilisatrices sur quatre continuent d'ovuler (FSRH, 2023). Dans tous les cas, les saignements ne suivent plus le rythme naturel du cycle : ils ne disent pas si vous ovulez.

Avec le DIU au cuivre ou un préservatif, le cycle reste naturel, donc irrégulier s'il l'était : notre calcul du cycle irrégulier aide à lire les dates de vos règles.

Ce que fait l'app Helena

Au réglage du cycle, l'app Helena demande d'abord comment vous vivez votre cycle : « Cycle naturel » ou « Contraception hormonale ». Juste en dessous, elle précise qu'elle n'est pas une contraception : elle suit votre cycle, elle ne vous dit pas quand un rapport serait sans risque de grossesse.

  • Contraception hormonale : vous choisissez la méthode, dont la pilule, l'implant, le DIU hormonal et l'injection. L'app masque alors les phases et les prédictions et n'envoie aucune notification de cycle ; vous pouvez toujours noter vos saignements et vos symptômes. Le DIU hormonal y est rangé, même si l'ovulation continue souvent.
  • Cycle naturel : vers la fin du réglage, l'app demande si vous utilisez une contraception, dont le DIU au cuivre. Le suivi du cycle continue, phases comprises si vos cycles durent de 21 à 35 jours, et si vous notez des douleurs de règles, l'écran « Ton corps aujourd'hui » rappelle que le DIU au cuivre rend souvent les règles plus abondantes et plus douloureuses.

En résumé

  • La pilule progestative, l'implant, le DIU hormonal et l'injection ne contiennent pas d'œstrogène ; le DIU au cuivre et les préservatifs ne contiennent aucune hormone.
  • Les méthodes sans œstrogène restent le plus souvent possibles là où la pilule combinée est déconseillée, mais aucune n'est « la » méthode du SOPK.
  • Sous progestatif seul, les saignements deviennent souvent imprévisibles ; le DIU au cuivre rend souvent les règles plus abondantes.
  • Avec des règles rares, la protection de la muqueuse de l'utérus se discute : la pilule progestative et le DIU hormonal apportent un progestatif, pas le DIU au cuivre ni le préservatif.
  • Seul le préservatif protège des infections sexuellement transmissibles, et Helena n'est pas une contraception.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Le choix d'une contraception se fait avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme.

Sources scientifiques

  1. 1.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
  2. 2.Faculty of Sexual and Reproductive Healthcare (FSRH). FSRH Guideline: Progestogen-only Pills. BMJ Sex Reprod Health. 2022;48(Suppl 1), mise à jour d'avril 2026. Consulter
  3. 3.Faculty of Sexual and Reproductive Healthcare (FSRH). FSRH Guideline: Intrauterine Contraception. BMJ Sex Reprod Health. 2023;49(Suppl 1), mise à jour de janvier 2025. Consulter
  4. 4.College of Sexual and Reproductive Healthcare (CoSRH). UK Medical Eligibility Criteria for Contraceptive Use (UKMEC 2025). BMJ Sex Reprod Health. 2026;52:1-138. Consulter
  5. 5.Haute Autorité de santé (HAS). Contraception chez la femme adulte et l'adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG). Fiche mémo, 2013, mise à jour en juillet 2019. Consulter
  6. 6.Haute Autorité de santé (HAS). Efficacité des méthodes contraceptives, 2014. Consulter
  7. 7.Oguz SH, Yildiz BO. An Update on Contraception in Polycystic Ovary Syndrome. Endocrinol Metab (Seoul). 2021;36(2):296-311. PMID 33853290
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