Le 12 mai 2026, la revue médicale The Lancet a publié le nouveau nom international du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : PMOS, pour polyendocrine metabolic ovarian syndrome (Teede et al., 2026). Ce nom est l'aboutissement d'un consensus mondial, mené avec des patientes et des professionnels de santé de toutes les régions du monde.
Cet article explique pourquoi le nom change, ce que décrit le nouveau, ce qui ne change pas pour vous, et où en est son nom en français.
Pourquoi changer de nom ?
Le nom actuel remonte aux années 1930 et vient de ce que les chirurgiens observaient alors sur les ovaires : de nombreuses petites poches remplies de liquide (MCHRI, 2026). Les recherches menées depuis ont montré que le syndrome dépasse largement l'ovaire. La publication du Lancet résume ce que l'ancien nom a de trompeur (Teede et al., 2026) :
- Il fait croire à des kystes. « Polykystique » évoque des kystes de l'ovaire, alors que les kystes pathologiques ne sont pas plus fréquents dans ce syndrome. Ce que montre l'échographie, ce sont des follicules, les petites poches où mûrissent les ovules, dont le développement s'est arrêté en route.
- Il ne parle que d'un organe. Le syndrome touche aussi le métabolisme (résistance à l'insuline, diabète de type 2, tension, graisses du sang, foie, apnée du sommeil), la santé mentale (dépression, anxiété, troubles alimentaires) et la peau (acné, chute de cheveux, pilosité excessive).
- Il retarde le diagnostic. Jusqu'à 70 % des personnes concernées ne sont pas diagnostiquées, et la confusion autour du nom y contribue, comme à l'insatisfaction vis-à-vis des soins.
- Il stigmatise. Centré sur la reproduction, il pèse particulièrement là où la fertilité conditionne la valeur accordée à une femme, et beaucoup de patientes disent souffrir du nom lui-même.
Le changement était demandé depuis longtemps : un atelier des National Institutes of Health américains le recommandait dès 2012, et les tentatives précédentes avaient échoué faute d'un processus international et d'un accord sur un autre nom (Teede et al., 2026).
Comment le nouveau nom a été choisi
Le processus a été mené par Monash University (Australie), la société savante Androgen Excess and PCOS Society et Verity, une association de patientes britannique, avec 56 organisations de soignants et de patientes. Des enquêtes mondiales ont recueilli 14 360 réponses de patientes et de professionnels de santé, puis des ateliers ont réuni environ 90 participants de toutes les régions du monde (Teede et al., 2026).
Les principes retenus : un nom exact sur le plan scientifique, clair, qui ne stigmatise pas, acceptable d'une culture à l'autre et facile à mettre en place. Les participants ont préféré un nom exact à un nom générique ou au maintien du sigle PCOS, et une évolution plutôt qu'une rupture : PMOS reste proche de PCOS pour montrer qu'il s'agit du même syndrome, mieux compris, et non d'une nouvelle maladie (Teede et al., 2026).
Des candidats ont été écartés en route. « Endocrine metabolic ovulatory syndrome », un temps en tête, donnait le sigle EMOS, qui évoque une sous-culture de la jeunesse. Puis « ovarien » l'a emporté sur « ovulatoire » : il couvre davantage que l'ovulation et garde son sens après la ménopause (Teede et al., 2026).
Ce que décrit le nouveau nom
Chacun des trois mots correspond à une part du syndrome (Teede et al., 2026) :
- Polyendocrine : plusieurs systèmes hormonaux sont en cause. L'excès d'androgènes, produits par les ovaires et souvent par les glandes surrénales, explique la pilosité, l'acné et la chute de cheveux. Dans le cerveau, l'hormone qui commande l'hypophyse est libérée par à-coups plus fréquents, ce qui élève l'hormone lutéinisante (LH), qui pousse à son tour l'ovaire à produire des androgènes. La résistance à l'insuline, présente chez 85 % des personnes concernées et chez 75 % de celles dont l'IMC ne dépasse pas 25, amplifie cet excès.
- Metabolic : les troubles du métabolisme font partie du syndrome. L'excès de poids, surtout autour du ventre, l'intolérance au glucose, le diabète gestationnel et le diabète de type 2, la stéatose hépatique, l'excès de graisses dans le sang et l'hypertension sont plus fréquents, et le risque d'infarctus et d'accident vasculaire cérébral est plus élevé.
- Ovarian : l'ovaire reste au cœur du diagnostic. Les troubles hormonaux perturbent la maturation des follicules, d'où leur accumulation à l'échographie et un taux élevé d'hormone antimüllérienne (AMH). Ils se traduisent par une ovulation rare ou absente, des cycles irréguliers et des difficultés à concevoir.
Ce qui n'est pas dans le nom compte aussi. La dépression, l'anxiété, l'acné, la pilosité excessive et la chute de cheveux sont importantes, mais en grande partie secondaires aux troubles hormonaux : elles n'ont donc pas été retenues dans le nom (Teede et al., 2026). Nos dossiers sur l'acné hormonale, l'hirsutisme et la chute de cheveux, et notre article sur l'anxiété et la dépression, en parlent en détail.
Ce qui ne change pas
Seul le nom change : les signes du syndrome, les critères du diagnostic et la prise en charge restent les mêmes (MCHRI, 2026).
- Le diagnostic. Chez l'adulte, une fois les autres causes écartées, il repose toujours sur deux des trois éléments suivants : une ovulation rare ou absente, un excès d'androgènes visible ou mesuré dans le sang, et l'aspect des ovaires à l'échographie ou un taux élevé d'AMH. Chez l'adolescente, les deux premiers sont nécessaires (Teede et al., 2023 ; Teede et al., 2026). Un diagnostic de SOPK déjà posé reste valable sous le nouveau nom.
- La recommandation internationale de 2023. Elle a été mise à jour en mai 2026 pour intégrer le nouveau nom, sans toucher à ses recommandations. Celles-ci portent la mention « PMOS/PCOS », parce que les preuves ont été analysées quand le syndrome s'appelait encore PCOS (MCHRI, 2026).
- Les traitements. Aucun ne change avec le nom (MCHRI, 2026).
Le passage d'un nom à l'autre est prévu sur trois ans, pendant lesquels « PCOS » et « PMOS » coexistent. La prochaine version de la recommandation internationale, attendue en 2028, n'emploiera plus que PMOS. Des démarches sont en cours auprès de l'Organisation mondiale de la santé pour faire entrer le nouveau nom dans la Classification internationale des maladies, ainsi que dans les dossiers médicaux informatisés (Teede et al., 2026 ; MCHRI, 2026).
Et en français ?
La publication du Lancet donne le nom en anglais. Ses auteurs demandent de soigner les traductions, parce que les mots liés à la reproduction n'ont pas le même poids d'une culture à l'autre (Teede et al., 2026).
Au 24 octobre 2026, aucun nom français n'est fixé : ni la Haute Autorité de santé (HAS), ni le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), ni la Société française d'endocrinologie (SFE) n'en ont adopté un. Plusieurs traductions circulent, dans les documents diffusés par l'équipe internationale comme dans la presse, avec des sigles qui ne concordent pas entre eux. Ailleurs, ce sont les sociétés savantes nationales qui tranchent : en Allemagne, cinq d'entre elles ont adopté un nom allemand dans une prise de position commune, en juin 2026 (DGE et al., 2026).
En attendant, retenez que PMOS désigne exactement le même syndrome que le SOPK : si vous lisez PMOS sur un document, un site ou dans une publication, il s'agit de lui.
Tant qu'aucun nom français n'est fixé, nous continuons d'écrire SOPK sur ce site et dans l'application, et nous changerons quand les sociétés savantes françaises auront tranché.
En résumé
- Depuis mai 2026, le SOPK a un nouveau nom international : PMOS, pour polyendocrine metabolic ovarian syndrome (Teede et al., 2026).
- L'ancien nom faisait croire à des kystes et ne parlait que de l'ovaire ; le nouveau décrit un syndrome à la fois hormonal, métabolique et ovarien (Teede et al., 2026).
- Le diagnostic, les traitements et la recommandation de 2023 ne changent pas, et les deux noms coexistent pendant une transition de trois ans (MCHRI, 2026).
- En français, aucun nom n'est encore fixé : nous écrivons SOPK en attendant.
Pour une vue d'ensemble du diagnostic et de la prise en charge, voyez notre article Comprendre le SOPK.
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.
