Avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), beaucoup de femmes disent se sentir mal dans leur corps : à cause du poids, de la pilosité, de l'acné, ou d'un bébé qui ne vient pas. Ce n'est ni de la coquetterie ni une faiblesse. La recommandation internationale de 2023 demande aux soignants de savoir que le SOPK peut peser sur l'image du corps (Teede et al., 2023). Cet article fait le point sur ce que montrent les études et sur ce qui aide.
Ce que montrent les études
Une revue publiée en 2023 a réuni neuf études comparant des femmes avec et sans SOPK, soit plus de 1 700 femmes. En moyenne, les femmes avec un SOPK jugeaient moins favorablement leur apparence, étaient moins satisfaites de plusieurs parties de leur corps, et plus préoccupées par leur poids (Davitadze et al., 2023).
Ce résultat est à lire avec prudence, et les auteurs le disent : peu d'études ont pu être regroupées, elles utilisaient huit questionnaires différents, et la certitude des preuves est jugée faible (Davitadze et al., 2023). Quelques études ne trouvaient d'ailleurs pas de différence.
Dans une étude américaine incluse, menée chez plus de 400 femmes, l'écart restait le même en tenant compte de l'âge, du poids, du niveau de revenus et d'autres facteurs. Les femmes avec un SOPK y avaient aussi plus de symptômes d'anxiété et de dépression, et ce surcroît passait en grande partie par leur image du corps ; une étude transversale ne peut toutefois pas dire ce qui vient en premier (Alur-Gupta et al., 2019).
Pas seulement une question de poids
On réduit souvent l'image du corps au poids. Avec un SOPK, d'autres signes comptent : le mécontentement semble plus marqué chez les femmes qui ont une pilosité excessive ou des difficultés à avoir un enfant (Davitadze et al., 2023). L'acné, la chute de cheveux, la peau entrent aussi en jeu.
La recommandation internationale demande aux soignants de prendre au sérieux une pilosité qui vous gêne, quelle que soit son importance apparente (Teede et al., 2023). Ce que vous ressentez compte, même si un examen paraît « normal ».
Ce que la recommandation demande aux soignants
La recommandation de 2023 consacre plusieurs points à la façon de parler du corps et du poids (Teede et al., 2023) :
- demander votre accord avant de parler de votre poids ou de vous peser, et vous expliquer à quoi servira cette mesure ;
- éviter les mots qui stigmatisent : elle suggère de dire « poids plus élevé » plutôt que « surpoids » ou « obésité » ;
- vous offrir les mêmes soins quel que soit votre poids, et vous laisser choisir entre une prise en charge centrée sur la perte de poids et une autre centrée sur les habitudes de vie, sans objectif de poids ;
- reconnaître que beaucoup de femmes avec un SOPK subissent une stigmatisation liée au poids, y compris chez les soignants, et ses effets sur la santé.
Si une consultation vous a blessée, vous avez le droit de le dire, ou de changer de soignant.
Ce qui aide
En parler, et une thérapie reconnue si la détresse est là. La recommandation prévoit de proposer aux femmes avec un SOPK qui ont une détresse liée à leur image du corps, une faible estime de soi ou des difficultés avec leur féminité, un traitement psychologique reconnu, comme la thérapie cognitive et comportementale (Teede et al., 2023). Une revue de 2024 portant sur plusieurs maladies gynécologiques, dont le SOPK, trouve que les thérapies psychologiques réduisent modérément les préoccupations liées à l'image du corps, avec un risque de biais élevé dans les études (Pehlivan et al., 2024).
Traiter ce qui peut l'être. La pilosité et l'acné ont des traitements. Le laser réduit les poils du visage et améliore aussi l'anxiété, la tristesse et la qualité de vie qui y sont liées (Teede et al., 2023). La recommandation note plus largement que les traitements des signes du SOPK peuvent améliorer le moral (Teede et al., 2023). Voyez Acné et pilosité.
Un regard plus doux sur soi. Chez des femmes avec un SOPK, une étude par questionnaire associe une plus grande compassion envers soi-même et envers son corps à moins de dépression et de préoccupations pour l'image du corps (Van Niekerk et al., 2022). Dans les maladies chroniques en général, une revue de 51 études trouve le même lien avec la détresse, sans pouvoir dire lequel entraîne l'autre (Baxter et Sirois, 2025). En pratique : vous parler comme vous parleriez à une amie qui vit la même chose.
Quand l'image du corps devient une souffrance
Parlez-en à votre médecin ou à un psychologue si l'image de votre corps occupe une grande place dans vos pensées, vous empêche de sortir, de vous montrer, ou de profiter de ce que vous aimez.
Le contrôle de l'alimentation mérite une attention particulière : les troubles du comportement alimentaire sont à rechercher avec un SOPK, quel que soit le poids, surtout quand on cherche à en perdre (Teede et al., 2023). Voyez Fringale ou trouble alimentaire et, si votre moral baisse, Anxiété, déprime et SOPK.
En résumé
- Avec un SOPK, l'image du corps est en moyenne plus difficile, et pas seulement à cause du poids.
- Les preuves restent faibles, mais la recommandation internationale demande aux soignants d'en tenir compte.
- Vous avez droit à des soins respectueux, avec votre accord avant toute discussion sur le poids.
- Une thérapie reconnue, le traitement des signes visibles et un regard plus doux sur soi peuvent aider.
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Si l'image de votre corps vous fait souffrir, parlez-en à votre médecin ou à un psychologue.
