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SOPK

Désir et SOPK : ce que montrent les études

Avec un SOPK, la vie sexuelle est en moyenne un peu moins satisfaisante, sans que les hormones l'expliquent à elles seules. Ce que mesurent vraiment les études, ce qui peut jouer, quand une difficulté devient un trouble, et vers qui se tourner.

Équipe Helena6 min de lecture

Article sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Le soir, dans un salon, une femme est assise tout contre son compagnon sur un canapé vert sauge, sous un plaid crème, la tête posée sur son épaule, tous deux calmes

On en parle peu en consultation, et pourtant la question revient souvent : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) change⁠-⁠t⁠-⁠il le désir et la vie sexuelle ? Les études apportent une réponse plus nuancée qu'on ne le croit, et elle ne tient pas qu'aux hormones.

Ce que montrent les études

La revue la plus complète à ce jour a réuni 32 études. En moyenne, les femmes avec un SOPK y ont une fonction sexuelle un peu moins bonne que les autres : moins d'excitation, de lubrification et d'orgasme, une satisfaction moindre et plus de douleur (Pastoor et al., 2024).

Pour le désir lui-même, le résultat est fragile : il est un peu plus bas quand on regroupe tous les questionnaires, mais la différence disparaît quand on ne garde que le questionnaire le plus utilisé (Pastoor et al., 2024). Les auteurs concluent que les femmes avec un SOPK semblent avoir autant de désir que les autres, malgré une fonction sexuelle plus basse sur d'autres points.

Deux limites importantes, que les auteurs soulignent : la certitude des preuves est faible, et aucune des études n'a mesuré la détresse, c'est-à-dire si ces différences gênaient les femmes concernées (Pastoor et al., 2024). Or on ne parle de trouble sexuel que lorsqu'une difficulté s'accompagne d'une souffrance.

Une étude néerlandaise a justement mesuré les deux, chez 68 femmes avec un SOPK et 67 sans, toutes en couple. Les femmes avec un SOPK avaient des scores plus bas dans tous les domaines sauf la douleur, et plus de détresse sexuelle (Pastoor et al., 2023). Mais les participantes venaient surtout d'associations de patientes, et les auteurs notent qu'une étude centrée sur la sexualité a pu attirer, ou au contraire écarter, les femmes les plus concernées.

Les hormones n'expliquent pas tout

On pense souvent aux androgènes. Pourtant, dans l'étude néerlandaise, leur taux n'était pas lié à la sexualité des femmes avec un SOPK (Pastoor et al., 2023). Et dans les études qui l'ont mesuré, faire baisser les androgènes par la pilule ou la metformine n'a pas changé le désir (Pastoor et al., 2024).

Les auteurs en tirent une conséquence pratique : un dosage hormonal ne dit pas grand-chose de la sexualité, et un bilan qui tient compte du corps, du psychisme et de la relation est plus utile (Pastoor et al., 2023).

Ce qui peut jouer

La recommandation internationale de 2023 demande aux soignants de penser aux nombreux facteurs qui peuvent peser sur la sexualité avec un SOPK : un poids plus élevé, la pilosité, les troubles de l'humeur, les difficultés à avoir un enfant, et certains traitements (Teede et al., 2023).

L'image du corps compte aussi : se sentir mal dans son corps rend plus attentive à soi pendant l'intimité, au détriment du plaisir (Pastoor et al., 2024). Voyez Image du corps et SOPK. Si le moral baisse, voyez Anxiété, déprime et SOPK.

Une difficulté ou un trouble ?

La recommandation est claire : on ne parle de trouble que si une sexualité diminuée s'accompagne d'une souffrance qui y est liée (Teede et al., 2023). Si votre vie sexuelle vous convient telle qu'elle est, même si elle ne ressemble pas à celle des autres, il n'y a rien à corriger.

Vers qui se tourner

La recommandation demande aux soignants de vous demander la permission avant d'aborder la sexualité (Teede et al., 2023). Vous pouvez aussi prendre les devants, auprès de votre médecin, de votre gynécologue ou d'une sage-femme, qui peuvent vous orienter vers un sexologue.

Les auteurs de la revue recommandent que les professionnels parlent de la fonction sexuelle et de la détresse qui peut l'accompagner, et citent l'accompagnement psychosexuel comme utile, y compris avec un SOPK. Ils suggèrent aussi de s'intéresser à la sexualité du ou de la partenaire (Pastoor et al., 2024).

Sécheresse et douleur

Une lubrification moindre et des douleurs pendant les rapports font partie des différences observées (Pastoor et al., 2024). Ce sont des motifs de consultation à part entière : elles ont plusieurs causes possibles, qu'un professionnel peut chercher avec vous.

Dans l'app Helena

Vous pouvez noter « Baisse de libido » et « Sécheresse » parmi vos symptômes. Cela ne pose aucun diagnostic, mais vous donne des repères pour en parler, par exemple pour voir si ces difficultés reviennent à certains moments du cycle.

En résumé

  • Avec un SOPK, la vie sexuelle est en moyenne un peu moins satisfaisante ; pour le désir, les résultats sont partagés.
  • Les preuves sont de faible certitude, et la détresse a rarement été mesurée.
  • Les androgènes n'expliquent pas tout : l'image du corps, l'humeur, le poids, la relation et le parcours de fertilité comptent.
  • Une difficulté n'est un trouble que si elle vous fait souffrir ; dans ce cas, un médecin, une sage-femme ou un sexologue peuvent vous aider.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.

Sources scientifiques

  1. 1.Pastoor H, Mousa A, Bolt H, et al. Sexual function in women with polycystic ovary syndrome: a systematic review and meta-analysis. Hum Reprod Update. 2024;30(3):323-340. PMID 38237144
  2. 2.Pastoor H, Both S, Laan ETM, Laven JSE. Sexual dysfunction in women with PCOS: a case control study. Hum Reprod. 2023;38(11):2230-2238. PMID 37776157
  3. 3.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
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