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Endométriose

Règles douloureuses : ce qui soulage, et quand s'inquiéter

Chaleur, activité physique, électrostimulation, antidouleurs : ce que montrent vraiment les essais contre les règles douloureuses, ce qui n'a pas de preuve, et les signes qui doivent faire penser à une endométriose.

Équipe Helena7 min de lecture

Article sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Une femme se repose sur un canapé vert sauge sous un plaid crème, une main posée sur le bas-ventre, les yeux fermés

Avoir mal pendant ses règles est fréquent : dans les études, environ sept jeunes femmes sur dix de moins de 25 ans le déclarent (Armour et al., 2019, Cochrane). Fréquent ne veut pas dire normal quand la douleur empêche de vivre : elle se soulage, et certains signes doivent faire chercher une cause, au premier rang desquelles l'endométriose.

Cet article fait le point sur ce que montrent les essais, d'après les revues de la littérature les plus récentes et les recommandations sur l'endométriose (Becker et al., 2022 ; HAS, 2017 ; NICE, 2024).

Pourquoi les règles font mal

Pendant les règles, l'utérus libère des prostaglandines, des substances qui le font se contracter. Quand elles sont produites en excès, les contractions deviennent fortes et réduisent l'arrivée de sang et d'oxygène au muscle de l'utérus : c'est ce manque d'oxygène qui donne les crampes (Armour et al., 2019, Cochrane).

On parle de règles douloureuses primaires quand aucune lésion n'est en cause : elles commencent dans les mois ou les premières années qui suivent les premières règles, et la douleur dure en général un à trois jours, au moment où le flux est le plus abondant. Elles sont dites secondaires quand une cause est identifiée, le plus souvent une endométriose ou des fibromes (Armour et al., 2019, Cochrane).

La chaleur : un effet, des essais encore petits

Appliquer de la chaleur sur le bas-ventre soulage la douleur dans plusieurs essais, avec un effet modéré, mais ces essais sont peu nombreux, petits et très différents les uns des autres (Armour et al., 2019 ; Jo et Lee, 2018). Les auteurs parlent de preuves encourageantes, pas encore solides.

Deux détails pratiques comptent. Les essais utilisaient des patchs chauffants qui gardent une chaleur douce et constante pendant plusieurs heures : une bouillotte, qui refroidit vite, fait probablement un peu moins (Armour et al., 2019). Et des brûlures légères ont été rapportées (Jo et Lee, 2018) : gardez une chaleur tiède, jamais brûlante, et une housse entre la peau et la source de chaleur.

Bouger régulièrement : un effet probable, des preuves faibles

La revue Cochrane de 2019 conclut qu'une activité physique régulière, environ trois fois par semaine dans les essais, quelle que soit son intensité, pourrait réduire nettement l'intensité des règles douloureuses. La certitude de ce résultat reste faible (Armour et al., 2019, Cochrane).

Deux limites : dans ces essais, l'activité se pratiquait tout au long du mois, et l'on ne sait donc pas si bouger pendant les règles elles-mêmes soulage. Les participantes avaient surtout moins de 25 ans (Armour et al., 2019, Cochrane). Si le mouvement vous fait du bien, c'est une bonne raison de le garder ; s'il vous fait mal pendant les règles, rien ne vous oblige.

Électrostimulation et acupression : des pistes

L'électrostimulation transcutanée (TENS), un petit appareil qui envoie un léger courant à travers la peau, pourrait réduire la douleur par rapport à un placebo, avec une certitude faible (Han et al., 2024). La HAS la juge utile dans les règles douloureuses primaires (HAS, 2017).

L'acupression, une pression exercée sur certains points du corps, montre un effet modéré dans une méta-analyse, mais un biais de publication y a été détecté, et elle soulage moins que les antidouleurs (Armour et al., 2019).

Les antidouleurs, en parler à son pharmacien ou son médecin

Les antidouleurs restent le premier traitement des règles douloureuses. L'Assurance Maladie conseille de demander l'avis de son pharmacien dès le premier épisode, et de prendre le traitement tôt, sur une durée brève (Assurance Maladie, 2026).

Si vous en avez besoin à chaque cycle, ou en continu, parlez-en à votre médecin : dans l'endométriose, la HAS ne recommande pas la prise prolongée de certains antidouleurs courants, à cause de leurs effets sur l'estomac et les reins (HAS, 2017). D'autres traitements existent, notamment hormonaux, et se choisissent avec votre médecin (NICE, 2024).

Ce qui n'a pas de preuve solide

Aucune recommandation ne retient un régime, une tisane, un aliment ou un complément contre la douleur liée à l'endométriose (Becker et al., 2022 ; HAS, 2017). La chaleur, l'activité physique ou l'électrostimulation ne soignent pas non plus une endométriose : elles peuvent aider à supporter la douleur, pas traiter sa cause.

Les signes qui doivent faire penser à une endométriose

Une douleur de règles qui gêne la vie quotidienne doit faire penser à une endométriose, surtout si elle s'accompagne d'autres signes (NICE, 2024) :

  • une douleur profonde pendant ou après les rapports sexuels ;
  • une douleur en allant à la selle ou en urinant pendant les règles ;
  • du sang dans les urines pendant les règles ;
  • une douleur dans le bassin qui dure en dehors des règles ;
  • une difficulté à concevoir associée à l'un de ces signes.

La HAS parle de règles « intenses » quand la douleur atteint 8 sur 10 ou plus, entraîne des absences fréquentes, ou résiste aux antidouleurs habituels (HAS, 2017). Ce n'est pas une preuve d'endométriose, car ces douleurs existent aussi sans elle, mais c'est une bonne raison de consulter. Chez les adolescentes, des absences scolaires qui reviennent à chaque cycle méritent la même attention (Becker et al., 2022).

D'autres causes existent, comme l'adénomyose, un fibrome, un polype, ou un stérilet au cuivre déplacé (Assurance Maladie, 2026). Pour savoir comment se pose le diagnostic, voyez notre article Endométriose : reconnaître les signes, obtenir un diagnostic.

Quand consulter, quand c'est urgent

Consultez votre médecin si la douleur vous fait manquer cours ou travail, si elle résiste aux antidouleurs, si elle apparaît à l'âge adulte ou s'aggrave, si elle dure plusieurs jours avant et après les règles, ou si elle s'accompagne de saignements entre les règles, de règles plus abondantes ou de fièvre (Assurance Maladie, 2026). Si un premier traitement d'environ trois mois ne soulage pas assez, une orientation vers un spécialiste est à envisager (NICE, 2024).

Appelez le 15 ou le 112 si la douleur est brutale ou très forte, si vous faites un malaise, si vous saignez énormément, ou si vous pourriez être enceinte et avez mal au ventre. Pendant les règles avec un tampon ou une coupe, une forte fièvre avec des douleurs, des vomissements ou une diarrhée et un malaise font penser à un choc toxique, qui est une urgence (Assurance Maladie, 2026).


Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Si vos règles vous font très mal, parlez-en à votre médecin, à votre gynécologue ou à votre sage-femme.

Sources scientifiques

  1. 1.Armour M, Smith CA, Steel KA, Macmillan F. The effectiveness of self-care and lifestyle interventions in primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis. BMC Complement Altern Med. 2019;19(1):22. PMID 30654775
  2. 2.Armour M, Ee CC, Naidoo D, et al. Exercise for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2019;9:CD004142. PMID 31538328
  3. 3.Jo J, Lee SH. Heat therapy for primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis of its effects on pain relief and quality of life. Sci Rep. 2018;8(1):16252. PMID 30389956
  4. 4.Han S, Park KS, Lee H, et al. Transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for pain control in women with primary dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2024;7:CD013331. PMID 39037764
  5. 5.Becker CM, Bokor A, Heikinheimo O, et al. ESHRE guideline: endometriosis. Hum Reprod Open. 2022;2022(2):hoac009. PMID 35350465
  6. 6.Haute Autorité de santé (HAS), CNGOF. Prise en charge de l'endométriose. Recommandation de bonne pratique, décembre 2017. Consulter
  7. 7.National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Endometriosis: diagnosis and management. NICE guideline NG73, mise à jour de novembre 2024. Consulter
  8. 8.Assurance Maladie. Règles douloureuses : que faire et quand consulter. ameli.fr, 2026. Consulter
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