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SOPK

Thyroïde et cycle : ce que la TSH peut expliquer

Une thyroïde qui ralentit ou s'emballe peut dérégler les règles. Pourquoi on dose la TSH avant de parler de SOPK, comment se lit le résultat, ce qu'est une hypothyroïdie fruste, et ce que disent les recommandations avant une grossesse.

Équipe Helena7 min de lecture

Article sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Dans un cabinet médical lumineux, une médecin et sa patiente échangent assises autour d'un bureau en bois, une plante verte près de la fenêtre

La thyroïde, petite glande à la base du cou, règle le rythme de nombreux organes, dont les ovaires. Quand elle ralentit ou s'emballe, le cycle peut s'en ressentir. C'est l'une des raisons pour lesquelles un dosage de la TSH, l'hormone qui commande la thyroïde, fait partie du bilan avant de parler de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Cet article s'appuie sur les recommandations de la Haute Autorité de santé de 2022 sur les hypothyroïdies et les hyperthyroïdies (HAS, 2022), sur la recommandation britannique (NICE, 2023) et sur la recommandation internationale sur le SOPK (Teede et al., 2023).

Ce que la thyroïde fait au cycle

Quand la thyroïde fonctionne trop peu, plusieurs mécanismes peuvent perturber l'ovulation : la protéine qui transporte les hormones sexuelles baisse, la prolactine tend à monter, et le signal du cerveau vers les ovaires se dérègle. Des troubles des règles sont alors plus fréquents, et le traitement de l'hypothyroïdie rétablit habituellement le cycle (Poppe et al., 2021). Une thyroïde qui s'emballe peut aussi espacer ou modifier les règles (Poppe et al., 2021), même si les troubles des règles font partie de ses signes les moins fréquents (HAS, 2022, hyperthyroïdies).

Le lien dépend surtout de la sévérité. Dans une étude japonaise sur plus de 2 000 femmes, les troubles des règles n'étaient pas, dans l'ensemble, plus fréquents qu'en l'absence de maladie thyroïdienne ; ils l'étaient nettement dans les hypothyroïdies très marquées (Kakuno et al., 2010). Une thyroïde un peu paresseuse n'explique donc pas forcément des cycles irréguliers.

Pourquoi on dose la TSH avant de parler de SOPK

Le diagnostic de SOPK suppose d'écarter les autres causes de cycles irréguliers. Parmi les dosages que liste la recommandation internationale figure la TSH (Teede et al., 2023). Un trouble thyroïdien peut en effet donner des cycles irréguliers, et se soigne autrement.

Comment se passe le dosage

  • La TSH seule, en premier. En France, on dose d'abord la TSH, en précisant sur l'ordonnance le contexte (diagnostic ou suivi). L'hormone thyroïdienne libre, la T4 libre, n'est dosée ensuite, sur le même prélèvement, que si la TSH est anormale. Le dosage de la T3 n'est pas recommandé pour diagnostiquer une hypothyroïdie (HAS, 2022).
  • Une TSH un peu haute se recontrôle. Si elle dépasse la norme du laboratoire sans atteindre 10, on la refait au moins six semaines plus tard (HAS, 2022). Jusqu'à la moitié des TSH légèrement élevées reviennent d'elles-mêmes dans la norme (Taylor et al., 2024).
  • La norme dépend du laboratoire. Elle varie selon la technique utilisée (HAS, 2022).
  • Signalez vos compléments. Certains compléments, pris à forte dose, faussent le résultat (NICE, 2023).
  • Pas de dosage pendant une maladie aiguë, ni chez une personne sans symptôme et en bonne santé (HAS, 2022 ; NICE, 2023).

Les signes qui doivent faire doser la TSH

Fatigue, frilosité, constipation récente, prise de poids modérée, ralentissement, humeur triste, peau sèche, cheveux qui tombent, crampes, trouble du cycle : chacun de ces signes, pris isolément, n'est pas spécifique. C'est leur association qui rend une hypothyroïdie plus probable, et seule la prise de sang la confirme (HAS, 2022). La recommandation britannique le dit aussi : un seul symptôme peut ne pas indiquer une maladie de la thyroïde (NICE, 2023).

Côté hyperthyroïdie, les palpitations, une perte de poids inexpliquée, des tremblements ou une intolérance à la chaleur sont des signes qui doivent faire consulter (HAS, 2022, hyperthyroïdies).

Hypothyroïdie fruste : ce que c'est, ce qu'on en fait

On parle d'hypothyroïdie avérée quand la TSH dépasse 10 et que la T4 libre est basse. L'hypothyroïdie fruste, ou infraclinique, correspond à une TSH au-dessus de la norme sur au moins deux prises de sang espacées d'au moins six semaines, avec une T4 libre normale (HAS, 2022). Elle donne peu de signes, voire aucun.

Ce qu'on en fait se décide avec votre médecin. Avant 65 ans, la HAS recommande de traiter au-delà d'une TSH de 10, et d'envisager un traitement entre la norme et 10 selon les signes, la présence d'anticorps dirigés contre la thyroïde, les antécédents ou un goitre (HAS, 2022). Le bénéfice d'un traitement sur les symptômes de l'hypothyroïdie fruste reste incertain (Taylor et al., 2024). Sans traitement, une surveillance de la TSH est prévue.

Aucun complément ni aucune préparation iodée n'est recommandé pour traiter une hypothyroïdie (HAS, 2022), et les compléments très riches en iode vendus librement peuvent même provoquer une hyperthyroïdie (HAS, 2022, hyperthyroïdies).

Thyroïde, grossesse et fertilité : des recommandations qui divergent

Une hypothyroïdie avérée nuit à la fertilité et à la grossesse ; pour l'hypothyroïdie fruste, l'effet n'est pas clairement démontré (HAS, 2022). Les recommandations ne tirent pas les mêmes conclusions :

  • la HAS propose un dosage de la TSH avant la conception en cas d'infertilité ou de fausses couches, et un traitement quand une TSH au-dessus de 4 est confirmée (HAS, 2022) ;
  • la société européenne de thyroïdologie propose de doser la TSH et les anticorps chez toute femme qui consulte pour une difficulté à concevoir (Poppe et al., 2021) ;
  • la société américaine de médecine de la reproduction estime au contraire que l'hypothyroïdie fruste n'est pas associée aux fausses couches, que les preuves manquent pour la relier à l'infertilité, et recommande de ne pas la traiter chez une femme qui souhaite une grossesse (ASRM, 2024).

En France, la HAS fait référence. Mais cette divergence est une bonne raison d'en parler avec votre médecin si vous avez un projet de grossesse. Si vous êtes déjà traitée pour une hypothyroïdie, la TSH se contrôle avant la conception, et le traitement s'ajuste dès que la grossesse est connue : prévenez votre médecin sans attendre (HAS, 2022).

SOPK et auto-immunité thyroïdienne

Une méta-analyse d'études observationnelles trouve des anticorps antithyroïdiens plus souvent chez les femmes avec un SOPK que chez les autres, environ un quart contre une sur dix. Les études sont hétérogènes, et leurs auteurs invitent à lire ces chiffres avec prudence (Romitti et al., 2018). La recommandation internationale sur le SOPK n'en fait pas une recommandation (Teede et al., 2023), et la HAS ne dose les anticorps qu'après une TSH anormale (HAS, 2022).

Ce que vous pouvez faire dans Helena

Le bilan biologique de l'app vous permet de noter votre TSH et de la retrouver avec vos autres résultats. Interprétez toujours votre valeur avec votre médecin : la norme dépend du laboratoire.

Quand consulter

  • Vos cycles sont irréguliers : la TSH fait partie du bilan (Teede et al., 2023).
  • Plusieurs signes d'hypothyroïdie s'associent, ou vous avez des palpitations, des tremblements ou une perte de poids inexpliquée.
  • Vous avez un projet de grossesse, une difficulté à concevoir ou des fausses couches.
  • Vous êtes traitée et vous découvrez que vous êtes enceinte : prévenez votre médecin sans attendre.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Pour toute question sur votre thyroïde, parlez-en à votre médecin.

Sources scientifiques

  1. 1.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
  2. 2.Haute Autorité de santé (HAS). Prise en charge des hypothyroïdies chez l'adulte. Recommandation de bonne pratique, décembre 2022. Consulter
  3. 3.Haute Autorité de santé (HAS). Prise en charge des hyperthyroïdies chez l'adulte. Recommandation de bonne pratique, décembre 2022. Consulter
  4. 4.National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Thyroid disease: assessment and management. NICE guideline NG145, mise à jour d'octobre 2023. Consulter
  5. 5.Taylor PN, Medici MM, Hubalewska-Dydejczyk A, Boelaert K. Hypothyroidism. Lancet. 2024;404(10460):1347-1364. PMID 39368843
  6. 6.Kakuno Y, Amino N, Kanoh M, et al. Menstrual disturbances in various thyroid diseases. Endocr J. 2010;57(12):1017-1022. PMID 20938101
  7. 7.Poppe K, Bisschop P, Fugazzola L, et al. 2021 European Thyroid Association Guideline on Thyroid Disorders prior to and during Assisted Reproduction. Eur Thyroid J. 2021;9(6):281-295. PMID 33718252
  8. 8.Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine (ASRM). Subclinical hypothyroidism in the infertile female population: a guideline. Fertil Steril. 2024;121(5):765-782. Consulter
  9. 9.Romitti M, Fabris VC, Ziegelmann PK, Maia AL, Spritzer PM. Association between PCOS and autoimmune thyroid disease: a systematic review and meta-analysis. Endocr Connect. 2018;7(11):1158-1167. PMID 30352422
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