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SOPK

Plus de règles depuis des mois : quand consulter

Trois mois sans règles avec des cycles réguliers, six mois s'ils étaient déjà irréguliers : c'est le moment de consulter. Grossesse d'abord, causes possibles, premier bilan, et pourquoi l'endomètre compte avec un SOPK.

Équipe Helena7 min de lecture

Article sourcé, en attente de relecture par un professionnel de santé.

Une jeune femme assise près d'une fenêtre consulte un petit agenda papier ouvert sur ses genoux, une tasse posée à côté d'elle

Des règles qui ne reviennent plus, ce n'est jamais une question de patience. L'absence de règles a un nom, l'aménorrhée, et ses causes sont presque toujours identifiables avec quelques examens simples. Avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), elle a en plus une conséquence propre : l'endomètre, la muqueuse de l'utérus, a besoin d'être protégé.

Cet article s'appuie sur l'avis du comité de pratique de la société américaine de médecine de la reproduction, publié en 2024 et consacré à l'évaluation des aménorrhées (ASRM, 2024), sur la recommandation internationale de 2023 sur le SOPK (Teede et al., 2023), et sur la recommandation britannique sur la grossesse extra-utérine pour les signes d'urgence (NICE, 2026). Pour les bases du syndrome, voyez notre article Comprendre le SOPK.

Trois mois ou six mois : le délai pour consulter

Le comité de l'ASRM propose un repère simple : un bilan se justifie après plus de trois mois sans règles chez une femme dont les cycles étaient réguliers, et après six mois chez une femme dont les cycles étaient déjà irréguliers (ASRM, 2024). Chez une femme bien réglée, un retard d'une semaine suffit déjà à vérifier qu'il ne s'agit pas d'une grossesse.

La recommandation internationale sur le SOPK compte de son côté un seul cycle de plus de 90 jours comme un cycle irrégulier, dès un an après les premières règles (Teede et al., 2023). C'est le seuil que reprend l'écran Cycle de l'app Helena : quand vos dernières règles remontent à plus de 90 jours, il vous propose de faire d'abord un test de grossesse, puis d'en parler à un médecin.

D'abord, écarter une grossesse

La grossesse est la première cause à chercher, avant toute autre, y compris quand elle paraît peu probable (ASRM, 2024). Un test urinaire peut être faussement négatif, en particulier s'il est fait trop tôt : en cas de doute, une prise de sang est plus fiable.

Les causes, dans l'ordre où le médecin les cherche

Une fois la grossesse écartée, six situations expliquent la plupart des aménorrhées (ASRM, 2024) :

  • le SOPK, avec des cycles longs ou absents parce que l'ovulation est rare ;
  • une mise en veille par le cerveau, l'aménorrhée dite hypothalamique : l'hypothalamus ralentit les signaux qui commandent les ovaires, souvent après une perte de poids, un entraînement intense, un stress important ou un trouble des conduites alimentaires ;
  • une prolactine trop élevée, une hormone produite par l'hypophyse. Un écoulement de lait par les seins peut l'accompagner, mais seulement chez une minorité des femmes concernées : son absence ne l'écarte pas ;
  • un trouble de la thyroïde, recherché même sans symptôme thyroïdien, parce que le dosage est simple ;
  • une insuffisance ovarienne prématurée, quand les ovaires ralentissent nettement avant 40 ans ;
  • une cause dans l'utérus, comme des adhérences après un geste chirurgical dans l'utérus.

Le médecin oriente ses questions vers ces pistes : variations de poids, sport, stress, alimentation, gestes sur l'utérus, bouffées de chaleur, écoulement par les seins, pilosité ou acné qui augmentent (ASRM, 2024). Il demande aussi la liste de vos médicaments, car certains traitements peuvent arrêter les règles.

Le SOPK se retient en dernier

Le diagnostic de SOPK ne se pose qu'une fois les autres causes écartées. La recommandation internationale liste pour cela un dosage de la TSH (thyroïde), de la prolactine, de la 17-hydroxyprogestérone et de la FSH (Teede et al., 2023). Une aménorrhée chez une femme qui a déjà un diagnostic de SOPK mérite donc quand même d'être regardée : une autre cause peut s'y ajouter.

L'insuffisance ovarienne prématurée

Elle touche environ une femme sur cent avant 40 ans. Son diagnostic repose sur des règles absentes ou très espacées depuis plus de quatre mois, avec une FSH élevée sur deux prises de sang à plusieurs semaines d'intervalle. Elle n'est pas toujours définitive : des grossesses spontanées restent possibles chez une petite partie des femmes concernées (PNDS IOP, 2021). Des bouffées de chaleur avant 40 ans doivent la faire évoquer.

Les premiers examens

Le plus souvent, quelques examens suffisent (ASRM, 2024) :

  • un test de grossesse ;
  • une prise de sang avec la FSH, l'estradiol, la prolactine et la TSH ;
  • souvent une échographie pelvienne, qui mesure l'épaisseur de l'endomètre et compte les follicules des ovaires.

Selon les résultats, le médecin peut demander d'autres dosages, contrôler une prolactine élevée avant toute imagerie de l'hypophyse, ou adresser vers un spécialiste.

SOPK : pourquoi l'endomètre compte

Avec un SOPK, l'ovulation se fait rare, mais les ovaires continuent de produire assez d'estrogènes pour faire épaissir l'endomètre (ASRM, 2024). Sans ovulation, il n'y a pas de progestérone pour le transformer puis provoquer des règles : la muqueuse s'accumule.

La recommandation internationale en tire quatre messages (Teede et al., 2023) :

  • avant la ménopause, les femmes avec un SOPK ont un risque nettement plus élevé d'hyperplasie et de cancer de l'endomètre ;
  • ce risque reste faible en valeur absolue, et aucun dépistage systématique n'est recommandé ;
  • une longue absence de règles non traitée, un poids plus élevé, un diabète de type 2 et un endomètre épais de façon persistante s'ajoutent comme facteurs de risque ;
  • il existe des moyens de prévention, dont des traitements hormonaux qui provoquent des règles régulières : leur choix se fait avec votre médecin.

En pratique, si vous avez un SOPK et que vos règles restent absentes pendant des mois, ne laissez pas durer : parlez-en, même si vous n'avez pas de projet de grossesse. Votre médecin décidera s'il faut une échographie et quel traitement vous convient.

Aucune alimentation et aucun type d'exercice n'ont montré d'avantage sur une autre pour faire revenir les règles dans le SOPK (Teede et al., 2023). Prendre soin de son mode de vie reste bon pour la santé, sans remplacer cet avis médical.

Quand c'est urgent

Une grossesse extra-utérine se développe en dehors de l'utérus et peut être grave. Ses signes associent souvent un retard de règles, une douleur au ventre ou dans le bassin et des saignements ; plus rarement, des vertiges, un malaise ou une douleur au bout de l'épaule. Un test positif avec une douleur et un ventre sensible demande une évaluation immédiate, et un malaise ou un saignement abondant justifient d'aller directement aux urgences. Une grossesse extra-utérine peut survenir sans aucun facteur de risque connu (NICE, 2026).

En France, appelez le 15 (Samu) ou le 112.

En résumé

  • Consultez après trois mois sans règles si vos cycles étaient réguliers, après six mois s'ils étaient déjà irréguliers (ASRM, 2024).
  • Faites d'abord un test de grossesse, et préférez une prise de sang en cas de doute.
  • Le premier bilan est court : FSH, estradiol, prolactine, TSH, souvent une échographie.
  • Avec un SOPK, une longue absence de règles se traite, pour protéger l'endomètre (Teede et al., 2023).

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Si vos règles se sont arrêtées, parlez-en à votre médecin, à votre gynécologue ou à votre sage-femme.

Sources scientifiques

  1. 1.Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine (ASRM). Current evaluation of amenorrhea: a committee opinion. Fertil Steril. 2024;122(1):52-61. Consulter
  2. 2.Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. PMID 37580314
  3. 3.National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Ectopic pregnancy and miscarriage: diagnosis and initial management. NICE guideline NG126, mise à jour de juin 2026. Consulter
  4. 4.Filière FIRENDO, CRMERCD. Insuffisance ovarienne prématurée : protocole national de diagnostic et de soins (PNDS IOP), synthèse pour le médecin traitant, 2021. Consulter
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